L'ONU prévoit un El Niño "de très forte intensité" ces cinq prochains mois
Le phénomène El Niño est désormais "solidement installé" et devrait encore se renforcer dans les prochains mois pour atteindre une intensité "très forte" avec une quasi-certitude qu'il se prolonge jusqu'en février 2027, a alerté jeudi l'Organisation météorologique mondiale (OMM)..
L’Organisation météorologique mondiale (OMM), une agence de l’ONU, annonce que le phénomène climatique El Niño est désormais solidement installé et devrait atteindre une intensité très forte d’ici les cinq prochains mois. Selon l’OMM, il y a une quasi-certitude que ce phénomène se prolonge jusqu’en février 2027. El Niño est un phénomène naturel et cyclique qui se caractérise par une hausse des températures dans l’océan Pacifique. Il survient en moyenne tous les deux à sept ans et dure généralement entre neuf et douze mois. Son intensité varie : elle peut être faible, modérée ou, comme prévu ici, très forte. Cette intensité est mesurée à partir de l’écart de température entre les eaux de surface du Pacifique central et oriental par rapport à la normale. Plus cet écart est important, plus le phénomène est puissant et ses conséquences sur le climat mondial sont marquées.
Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a qualifié El Niño de phénomène prenant « sous nos yeux une ampleur exceptionnelle ». L’OMM, dont les prévisions s’appuient sur des modèles climatiques et des observations océaniques, souligne que cette intensité très forte est désormais attendue avec une grande probabilité. Les Nations unies, par la voix de l’OMM, appellent à une vigilance accrue face aux risques climatiques associés. El Niño influence en effet les régimes de pluie et de sécheresse à l’échelle mondiale, ce qui peut entraîner des catastrophes naturelles comme des inondations, des sécheresses ou des vagues de chaleur. Ces alertes visent à sensibiliser les gouvernements et les populations aux mesures d’adaptation nécessaires pour limiter les impacts humains et économiques.
Les effets d’El Niño de très forte intensité se font déjà sentir dans certaines régions du monde. Par exemple, le niveau du réservoir de La Concepción, au Mexique, est tombé à 30 % de sa capacité le 15 août 2026, illustrant les sécheresses prolongées associées au phénomène. Ces conditions climatiques extrêmes menacent la sécurité alimentaire mondiale, comme l’a souligné une émission de France Culture intitulée « L’ombre de ‘Godzilla’ : El Niño menace la sécurité alimentaire mondiale ». Les perturbations des précipitations peuvent réduire les récoltes, augmenter les prix des denrées et aggraver les crises humanitaires dans les pays les plus vulnérables. Les scientifiques craignent que cette intensité exceptionnelle ne dépasse les records enregistrés lors des précédents El Niño majeurs, comme celui de 2015-2016.
L’Organisation météorologique mondiale (OMM) joue un rôle central dans la surveillance et la prévision des phénomènes climatiques comme *El Niño*. Basée à Genève, cette institution des Nations unies coordonne les observations météorologiques à l’échelle mondiale et publie des alertes pour aider les pays à se préparer. Ses prévisions s’appuient sur des données collectées par des satellites, des bouées océaniques et des modèles informatiques sophistiqués. L’OMM classe l’intensité d’*El Niño* en fonction de l’écart de température dans le Pacifique, allant de *faible* (écart de 0,5 à 0,9 °C) à *très fort* (écart supérieur à 2 °C). Dans le cas actuel, l’écart attendu dépasse largement ce seuil, justifiant l’alerte maximale. Ses rapports sont utilisés par les gouvernements pour anticiper les risques et adapter leurs politiques climatiques.

