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Culture

Martin de la Soudière, ethnologue et conteur des saisons : Saisons sur mesure : l'air du temps

France Culture - Savoirs · mis à jour il y a 15 j

"Il n'y a plus de saisons"... Depuis l'Antiquité, la météo, entre malédictions et espoirs, exaspère autant qu'elle fascine.

Une série radiophonique

En été 1997, France Culture diffuse une série d'émissions intitulée Microclimats, conçue par la productrice Renée Elkaïm-Bollinger. Cette série, diffusée pendant cinq semaines à raison de deux épisodes par semaine, explore les liens entre la météo, les saisons et les sociétés humaines. Elle mêle sciences sociales, poésie, philosophie et chroniques rurales, sans se limiter à des prévisions météorologiques classiques. Le premier épisode, diffusé le 26 juillet 1997, marque le début de ce voyage sonore qui s'appuie sur des archives et des entretiens avec des experts. La série s'inscrit dans le cadre des Nuits de France Culture, un programme dédié à la diffusion de savoirs variés comme l'histoire, la littérature ou la musique.

Martin de la Soudière

Martin de la Soudière est un ethnologue, sociologue et géographe français, spécialiste de la ruralité contemporaine. Il a consacré une grande partie de ses travaux à l'étude des saisons et des phénomènes météorologiques, qu'il aborde sous un angle ethnologique. Pour lui, la météo n'est pas seulement une question de prévisions, mais aussi un sujet culturel et social. Il a mené des enquêtes de terrain pour comprendre comment les gens perçoivent et vivent le temps, en analysant leur langage, leurs proverbes et leurs métaphores. Ses recherches révèlent que le rapport au climat varie selon les cultures, comme entre les Italiens et les Français ou entre les Amérindiens et les Japonais. Son approche, appelée ethno-météorologie, explore la dimension humaine et symbolique de la météo.

L'imaginaire des saisons

Martin de la Soudière s'intéresse à l'imaginaire collectif associé aux saisons et aux phénomènes météorologiques. Il étudie comment les dictons, les superstitions et les expressions populaires reflètent une climatologie littéraire et scientifique. Par exemple, il explique que le mot canicule provient de l'astrologie : entre le 10 et le 15 juillet, le Soleil passe dans la constellation du Chien (Canis en latin), d'où ce terme. Il évoque aussi la perception contrastée de l'été, à la fois apprécié pour sa chaleur et critiqué pour sa brièveté, car les jours commencent à diminuer dès son début. Cette saison, souvent idéalisée, est en réalité marquée par une forme de mélancolie liée à son caractère éphémère.

Une approche pluridisciplinaire

La série Microclimats repose sur une collaboration entre plusieurs disciplines et experts. Outre Martin de la Soudière, l'émission réunit Gilles Lapouge, écrivain et journaliste, Anne Vallaeys, écrivaine et journaliste, Nicole Phelouzat, psychologue et anthropologue, ainsi que Martyne Perrot, sociologue et ethnologue au CNRS. Chaque intervenant apporte une perspective différente : scientifique, littéraire, psychologique ou sociale. Les textes sont lus par Pascale Caemerbeke et Daniel Tarrare, et la réalisation est assurée par Marie-Laure Colin. Cette diversité permet d'aborder la météo sous des angles variés, allant de l'analyse des bulletins météo à l'étude des représentations culturelles du temps.

Ce que ça pourrait changer

Pour Martin de la Soudière, parler du temps n'est pas une perte de temps, contrairement à l'expression courante. Il montre que les discussions sur la météo sont un moyen d'échanger des émotions, des souvenirs et des valeurs. Par exemple, les proverbes ou les dictons ne sont pas de simples superstitions, mais des reflets de l'histoire et des traditions locales. Son travail révèle que la météo est un sujet universel, mais dont l'interprétation varie selon les cultures. Cette approche permet de comprendre comment les sociétés humaines s'adaptent aux changements climatiques et intègrent ces phénomènes dans leur quotidien, au-delà des simples prévisions techniques.

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