NapseflowNapseflow
Géopolitique

Certains arbres polluent et réchauffent les villes

Courrier International · mis à jour il y a 6 j

Une équipe de chercheurs a découvert que certains arbres plantés en ville, notamment les peupliers et les saules, émettaient des composants qui se transformaient en ozone. Avec des conséquences néfastes sur la qualité de l’air et un pouvoir réchauffant important..

Arbres urbains polluants

Certains arbres plantés en ville, comme les peupliers et les saules pleureurs, émettent des composés organiques volatils (COV). Ces substances, sous l’effet du soleil, réagissent avec les oxydes d’azote (NOx) issus du trafic routier et de l’industrie pour former de l’ozone. Ce gaz, bien que naturel dans la haute atmosphère, devient un polluant dangereux au niveau du sol. Il aggrave la pollution de l’air et contribue au réchauffement climatique. Les chercheurs ont découvert que cette végétation urbaine participait davantage à la formation d’ozone que prévu, représentant 52 % des COV responsables de cette transformation. À Pékin, 35 % des arbres sont des émetteurs d’isoprène, un COV particulièrement réactif, comme les peupliers et les saules.

Rôle des COV et de l'isoprène

Les COV (composés organiques volatils) sont des molécules émises par les arbres, notamment sous forme d’isoprène. Ce dernier est un COV très réactif qui, en présence de rayons solaires et d’oxydes d’azote (NOx), se transforme en ozone. Bien que les activités humaines (industrie, trafic) émettent 90 % des COV totaux, leur contribution à la formation d’ozone est inférieure à celle de la végétation (10 % des émissions totales, mais 52 % de la contribution à l’ozone). L’isoprène, produit en grande quantité par certains arbres comme les peupliers et les saules, joue un rôle clé dans ce processus. Les chercheurs ont observé que les arbres stressés par le réchauffement climatique émettent encore plus de COV, aggravant le phénomène.

Impact des saules et peupliers

Les saules pleureurs et les peupliers sont pointés du doigt par les chercheurs pour leur forte émission d’isoprène, un composé qui favorise la formation d’ozone. À Pékin, ces arbres représentent une part importante de la végétation urbaine, mais leur impact est encore plus marqué dans d’autres villes comme Sydney ou Melbourne, où plus de 60 % des arbres sont des émetteurs d’isoprène. Ces espèces, souvent choisies pour leur croissance rapide ou leur aspect esthétique, peuvent donc avoir un effet contre-productif en milieu urbain. Leur capacité à rafraîchir l’air est contrebalancée par leur contribution à la pollution et au réchauffement.

Solutions et recommandations

Les chercheurs, dont Bin Yuan de l’université Jinan de Canton, ne remettent pas en cause la végétalisation des villes, qui reste essentielle pour lutter contre les îlots de chaleur urbains. Cependant, ils soulignent l’importance de bien choisir les espèces d’arbres à planter. Certaines villes, comme Pékin, sont moins touchées que d’autres, mais des ajustements pourraient réduire l’impact négatif des arbres. Par exemple, privilégier des espèces moins émettrices d’isoprène ou adapter les stratégies de plantation en fonction du climat local. Avec le réchauffement climatique, les arbres deviennent plus stressés et émettent davantage de COV, ce qui rend cette sélection encore plus cruciale.

Ce que ça pourrait changer

Cette découverte a été publiée dans la revue *Science Advances* et relayée par *Nature* en août 2026. Les chercheurs ont utilisé des stations de suivi de la pollution atmosphérique à Pékin pour mesurer les émissions de COV et leur transformation en ozone. Leurs travaux montrent que la végétation urbaine, bien que représentant seulement 10 % des émissions totales de COV, contribue à 52 % de la formation d’ozone. Cette étude s’inscrit dans un contexte de lutte contre les îlots de chaleur urbains, où la végétalisation est souvent présentée comme une solution, mais où certains choix d’espèces peuvent avoir des effets indésirables.

Sujets complémentaires

Ce contenu a été généré par intelligence artificielle à partir de l'article source. Il peut contenir des erreurs ou imprécisions.