Certains arbres polluent et réchauffent les villes
La végétalisation urbaine, souvent présentée comme une solution face aux îlots de chaleur et à la pollution, révèle une facette moins connue : certains arbres, en émettant des composés organiques volatils, contribuent paradoxalement à la formation d’ozone, un gaz au fort pouvoir réchauffant. Une étude récente met en lumière l’impact inattendu des peupliers et des saules pleureurs, soulignant les limites des stratégies de plantation aveugle dans les villes.
Quels arbres sont pointés du doigt par les chercheurs et pourquoi ?
Les peupliers et les saules pleureurs sont identifiés comme les principaux émetteurs d’isoprène, un composé organique volatil qui, sous l’effet du rayonnement solaire et en interaction avec les oxydes d’azote issus du trafic et de l’industrie, se transforme en ozone. Leur contribution à la pollution atmosphérique urbaine est ainsi plus significative que prévu, malgré une part globale moindre dans les émissions totales de COV.
Quelle est la part réelle de la végétation dans la formation d’ozone à Pékin selon l’étude ?
Les chercheurs ont établi que la végétation contribue à 52 % des composés organiques volatils à l’origine de la formation d’ozone dans l’atmosphère de Pékin, alors que les activités humaines en émettent 90 % au total. Environ 35 % des arbres de la capitale chinoise sont des émetteurs d’isoprène, un COV particulièrement réactif.
Pourquoi les villes comme Sydney ou Melbourne pourraient-elles être plus concernées que Pékin ?
Les travaux des chercheurs indiquent que plus de 60 % des arbres de Sydney ou de Melbourne sont des émetteurs d’isoprène, contre 35 % à Pékin. Cette proportion plus élevée pourrait aggraver localement la formation d’ozone, surtout dans des contextes urbains déjà marqués par une forte activité industrielle et routière.
Quels sont les risques liés à l’augmentation des émissions de COV par les arbres avec le réchauffement climatique ?
Avec le réchauffement climatique, les arbres subissent un stress accru qui intensifie leurs émissions de composés organiques volatils. Cela pourrait donc paradoxalement amplifier la formation d’ozone dans les villes, réduisant l’efficacité des stratégies de végétalisation si les essences choisies ne sont pas adaptées.
Ce que ça pourrait changer
Cette découverte invite à repenser les politiques de végétalisation urbaine, en privilégiant des essences moins émettrices de COV comme les arbres à feuilles caduques non isopréniques. Elle souligne aussi l’urgence d’intégrer des critères de qualité de l’air dans les plans d’aménagement des villes, au même titre que les objectifs de rafraîchissement ou de biodiversité.

