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Culture

Les start-up épargnées dans le projet de budget 2027 du gouvernement

France Culture - Savoirs · mis à jour il y a 6 j

Malgré un plan d'économies annoncé de 54 milliards d'euros, le gouvernement dans son projet de budget a semble-t-il préservé l'innovation. Pour aider l'écosystème de la tech française à développer des solutions innovantes, le gouvernement a choisi de préserver les outils fiscaux existants..

Budget 2027 et économies

Le gouvernement français a présenté en octobre 2026 son projet de budget pour 2027, prévoyant un plan d'économies de 54 milliards d'euros. Malgré ces restrictions budgétaires, le secteur de l'innovation et des start-up a été partiellement épargné. L'objectif affiché est de soutenir l'écosystème tech français tout en réduisant les dépenses publiques. Cette approche vise à concilier rigueur budgétaire et maintien des leviers d'innovation, essentiels pour la compétitivité économique du pays. Le budget 2027 s'inscrit dans un contexte économique marqué par une croissance ralentie et des défis structurels pour les finances publiques.

Outils fiscaux préservés

Le gouvernement a choisi de maintenir plusieurs dispositifs fiscaux favorables aux start-up et aux entreprises innovantes. Parmi eux, le Crédit Impôt Recherche (CIR), une niche fiscale coûteuse pour l'État (7 milliards d'euros par an), a été conservé. Ce crédit permet aux entreprises de déduire une partie de leurs dépenses de recherche et développement (R&D) de leurs impôts. De même, les exonérations fiscales et sociales liées au statut de Jeune Entreprise Innovante (JEI) ont été maintenues. Ces mesures visent à encourager l'investissement dans l'innovation en réduisant les charges financières des jeunes pousses.

Nouvelle incitation fiscale

Pour compenser la suppression d'un programme dédié à la modernisation des entreprises (doté de 136 millions d'euros en 2026), le gouvernement a introduit une nouvelle mesure fiscale : le suramortissement. Ce dispositif permet aux PME et ETI industrielles de déduire exceptionnellement de leurs impôts, pendant trois ans, entre 40 % et 120 % de leurs investissements dans des technologies comme l'intelligence artificielle (IA), la robotique, l'impression 3D ou les jumeaux numériques (copies virtuelles d'objets physiques). L'objectif est d'accélérer la modernisation de l'appareil productif français en réduisant le coût des investissements technologiques.

France 2030 et secteurs stratégiques

Le plan France 2030, lancé après la crise sanitaire pour financer des technologies d'avenir, n'a pas subi de coupes majeures dans le budget 2027. Cependant, ses fonds ont été recentrés sur quatre secteurs jugés stratégiques : le cyber (sécurité informatique), le quantique (technologies basées sur les propriétés de la mécanique quantique), l'intelligence artificielle et le spatial. Cette réorientation reflète une volonté de concentrer les ressources publiques sur des domaines perçus comme prioritaires pour l'indépendance technologique et économique de la France.

Croissance et rentabilité des start-up

Malgré un contexte économique difficile, les start-up françaises affichent une croissance notable. Selon une étude de la Banque de France, près de 40 % des start-up matures (existantes depuis moins de 10 ans) sont désormais rentables, avec une croissance moyenne de leur chiffre d'affaires de 12 % sur un an. Cette performance dépasse celle des PME et ETI traditionnelles. Les start-up françaises se distinguent également par leur capacité à conquérir des marchés à l'international : en 2025, elles ont généré 8,5 milliards d'euros de chiffre d'affaires à l'export, un montant en progression. Cependant, leur écosystème reste fragile, notamment en raison d'un accès limité aux financements privés.

Défis et fragilités de l'écosystème

L'étude de la Banque de France révèle que 86,6 % des start-up matures ont eu recours à la dette bancaire en 2025, faute d'investisseurs prêts à s'engager sur le long terme. Cette dépendance aux prêts bancaires limite leur capacité à innover et à croître. Par ailleurs, France Digitale, le lobby des start-up, regrette la disparition du dispositif jeune docteur, une mesure fiscale incitant à l'embauche de doctorants. Ce dispositif permettait de réduire les coûts salariaux pour les entreprises recrutant des chercheurs. France Digitale espère le voir réintroduit via des amendements parlementaires, soulignant l'importance de maintenir des incitations pour attirer et retenir les talents en France.

Ce que ça pourrait changer

Selon France Digitale, le rôle du gouvernement dans l'écosystème des start-up est de « réduire le prix du risque » associé à l'innovation. Pour cela, il mise sur des dispositifs d'incitation fiscale et de réduction des charges, comme le CIR ou le statut de JEI. Ces outils visent à compenser les incertitudes inhérentes aux projets innovants, souvent coûteux et longs à maturer. Melchior Bachelot, responsable des affaires publiques de France Digitale, estime que ces mesures sont essentielles pour encourager l'entrepreneuriat technologique en France, même si d'autres leviers (comme l'accès au financement privé) restent nécessaires pour renforcer la résilience de l'écosystème.

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