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CULTURE

Les start-up épargnées dans le projet de budget 2027 du gouvernement

Source unique·il y a 6 j

Alors que le gouvernement français annonce un plan d’économies drastique de 54 milliards d’euros pour 2027, l’écosystème des start-up semble paradoxalement épargné. Cette décision reflète-t-elle une priorité stratégique pour l’innovation, ou une simple continuité des dispositifs existants ? Entre stabilité fiscale et réorientation des financements publics, l’analyse révèle une vision à deux vitesses : d’un côté, la préservation des leviers traditionnels comme le Crédit Impôt Recherche ou les exonérations pour les Jeunes Entreprises Innovantes, de l’autre, l’émergence de nouveaux outils comme le suramortissement pour moderniser l’appareil productif.

Pourquoi le gouvernement a-t-il choisi de préserver les dispositifs fiscaux pour les start-up malgré un plan d’économies massif ?

Le gouvernement justifie cette décision par la nécessité de soutenir l’innovation, jugée essentielle pour la compétitivité française. Les outils fiscaux existants, comme le Crédit Impôt Recherche (7 milliards d’euros) ou les exonérations pour les Jeunes Entreprises Innovantes, ont été maintenus pour réduire le risque financier des jeunes pousses et encourager leur développement. Cette approche s’inscrit dans une logique de stabilité fiscale promise par la ministre du Numérique, Anne Le Hénanff, lors de la journée de rentrée de France Digitale.

Quels sont les nouveaux dispositifs introduits dans le budget 2027 pour soutenir la tech, et en quoi diffèrent-ils des précédents ?

Le gouvernement remplace le programme dédié à l’accélération de la modernisation des entreprises (136 millions d’euros en 2026) par un suramortissement temporaire. Ce mécanisme permet aux PME et ETI industrielles de déduire exceptionnellement entre 40 % et 120 % de leurs investissements dans des technologies comme l’IA, la robotique ou l’impression 3D. Contrairement aux dispositifs précédents, cette mesure cible spécifiquement la modernisation des outils productifs, avec une durée limitée à trois ans.

Le plan France 2030 est-il menacé par les coupes budgétaires, et si non, comment ses priorités évoluent-elles ?

Le plan France 2030 n’est pas directement visé par des coupes majeures dans le budget 2027, mais ses financements sont recentrés sur quatre secteurs jugés stratégiques : le cyber, le quantique, l’intelligence artificielle et le spatial. Cette réorientation reflète une volonté de concentrer les ressources publiques sur des technologies perçues comme critiques pour la souveraineté économique et technologique française.

Quels sont les principaux défis persistants pour l’écosystème des start-up, malgré ces mesures ?

Malgré la croissance et la rentabilité affichées par une partie des start-up (près de 40 % sont désormais rentables), leur développement reste freiné par un manque de financements privés. Selon la Banque de France, 86,6 % des start-up matures ont eu recours à la dette bancaire en 2025 faute d’investisseurs prêts à miser sur le long terme. Par ailleurs, France Digitale regrette la disparition du dispositif jeune docteur, une mesure d’incitation fiscale pour l’embauche de doctorants, qui risquait de favoriser la fuite des cerveaux.

Ce que ça pourrait changer

Ces choix budgétaires pourraient renforcer la résilience de l’écosystème tech français, mais leur efficacité dépendra de leur capacité à attirer des investissements privés complémentaires. La réorientation des fonds vers des secteurs stratégiques pourrait aussi accélérer l’adoption de technologies clés, mais risque de marginaliser d’autres pans de l’innovation. Enfin, l’absence de mesures ciblées pour les jeunes pousses les plus fragiles pourrait creuser les inégalités au sein de la French Tech.

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