Saint-Pierre- et -Miquelon est «français» répond Macron à Trump
Il répliquait à une carte postée par Trump qui couvre toute la région du drapeau des États-Unis..
Lors d’une visite officielle à Saint-Pierre-et-Miquelon, un archipel français situé dans l’Atlantique Nord à 4 300 kilomètres de Paris, le président français Emmanuel Macron a clairement réaffirmé que ce territoire faisait bien partie de la France. Cette déclaration fait suite à une publication controversée de l’ancien président américain Donald Trump, qui avait diffusé une carte représentant la région sous le drapeau des États-Unis. Macron a qualifié cette affirmation de « évidence » et de « pas de discussion », soulignant que la souveraineté française sur l’archipel n’était pas négociable. Il a précisé qu’il n’était pas nécessaire de rappeler cette réalité quotidiennement, sauf face à des propos jugés « étranges ». Cette visite s’inscrit dans un contexte géopolitique tendu, où les États-Unis, sous l’administration Trump, ont multiplié les déclarations et actions remettant en cause la souveraineté d’autres pays, notamment le Canada et le Groenland, un territoire autonome danois.
Emmanuel Macron a accueilli le premier ministre canadien Mark Carney à Saint-Pierre-et-Miquelon, une première dans l’histoire de l’archipel. Cette rencontre, prévue le lendemain de l’arrivée du président français, intervient à quelques kilomètres des côtes canadiennes et à quelques jours de mer du Groenland, un territoire devenu un enjeu stratégique majeur en raison de la fonte des glaces et de l’ouverture de nouvelles routes maritimes dans l’Arctique. Macron a salué cette rencontre comme un « message fort », alors que les relations entre les États-Unis et le Canada sont tendues en raison d’une guerre commerciale déclenchée par Trump. Parallèlement, Macron a évoqué la possibilité d’un rapprochement énergétique avec le Canada, notamment pour sécuriser l’approvisionnement en gaz naturel liquéfié de l’Europe, alors que les prix de l’énergie flambent en raison de la guerre au Moyen-Orient.
Saint-Pierre-et-Miquelon, un petit archipel de 5 800 habitants, fait face à des défis économiques majeurs. La fin de l’âge d’or de la pêche à la morue, un poisson emblématique de la région, a entraîné un déclin démographique et une hausse du coût de la vie. La visite de Macron vise à répondre à ces enjeux, avec des annonces prévues sur plusieurs dossiers sensibles. Parmi eux, le déplacement du village de Miquelon, menacé par la montée des eaux due au changement climatique, et la réhabilitation du port de Saint-Pierre, dont certains quais risquent de s’effondrer. Le déménagement de Miquelon, un projet colossal pour l’archipel, nécessite un investissement de 25 millions d’euros et en est à sa deuxième phase. À ce jour, une douzaine de maisons ont été construites sur un nouveau site situé à 1,5 kilomètre du village actuel, mais le projet suscite des divisions parmi les habitants.
Macron a également annoncé des mesures pour renforcer les moyens militaires de l’archipel, où seul un vieux patrouilleur est actuellement stationné et dont le remplacement tarde. Cette visite s’inscrit dans un contexte de tensions géopolitiques accrues, notamment en raison des ambitions américaines dans la région. Parallèlement, Saint-Pierre-et-Miquelon mise sur le spatial pour relancer son économie. L’archipel abrite déjà une station satellitaire au sol pour le système de navigation européen Galileo, un projet de l’Union européenne. Deux start-up françaises, Skynopy et Look up, doivent faire des annonces lors de cette visite pour développer des activités dans ce secteur. L’archipel espère également devenir une étape clé pour un futur câble numérique reliant la Bretagne à New York, ce qui renforcerait sa position stratégique dans les flux de données spatiaux.
Les relations entre la France et le Canada autour de Saint-Pierre-et-Miquelon restent marquées par des contentieux historiques, notamment la guerre de la morue des années 1980, qui avait profondément affecté l’économie locale. Un autre sujet de tension concerne la délimitation du plateau continental de la France dans cette zone, une question technique liée à l’exploitation des ressources marines et sous-marines. Macron a évoqué l’année 1992 comme un tournant pour l’archipel, marquant la fin de la pêche à la morue et le début d’une période de difficultés économiques. La visite présidentielle vise à tourner cette page en proposant de nouvelles perspectives de coopération, notamment avec le Canada, tout en réaffirmant la souveraineté française sur le territoire face aux pressions extérieures.

