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Philosophie

D’abord New York, maintenant Berlin !

Contretemps · mis à jour 24 sept.

Dimanche 20 septembre 2026, le parti socialiste allemand Die Linke a remporté pour la première fois les élections à Berlin. À l’image de Zohran Mamdani à New York, il a devancé les partis de l’establishment en proposant à la population berlinoise des mesures concrètes sur les loyers et le coût de la vie.

Victoire historique de Die Linke

Le dimanche 20 septembre 2026, le parti socialiste allemand Die Linke a remporté les élections régionales à Berlin avec 26 % des voix, soit plus du double de son score de 2023. Cette victoire marque un tournant pour ce parti, qui avait connu des divisions internes majeures il y a seulement deux ans. La tête de liste, Elif Eralp, vice-présidente du groupe parlementaire de Die Linke, est désormais candidate pour devenir maire de Berlin. Le parti a particulièrement séduit les jeunes (48 % des 25-34 ans) et la classe travailleuse multiethnique de la capitale. Cette performance contraste avec le recul des partis traditionnels comme la CDU conservatrice (19 %, –9 points) et le SPD social-démocrate (12 %, –6 points).

Crise du logement à Berlin

La campagne de Die Linke s’est concentrée sur la crise du logement, un enjeu majeur pour les Berlinois. Depuis les années 1990 et 2000, la vente du parc immobilier public à des investisseurs privés a fait exploser les loyers, rendant Berlin, autrefois abordable, inaccessible pour de nombreux habitants. En 2021, les Berlinois avaient voté par référendum pour la renationalisation des logements, mais le gouvernement local n’a pas appliqué cette décision. Die Linke a promis de concrétiser ce projet. Berlin-Ouest était historiquement moins chère que les autres grandes villes allemandes, mais la situation a radicalement changé avec la spéculation immobilière et le manque de constructions neuves.

Déclin des partis traditionnels

Les partis traditionnels allemands, autrefois dominants, subissent un déclin structurel. Le SPD et la CDU, qui formaient ensemble la majorité de l’électorat dans l’après-guerre, ne représentent plus que moins d’un tiers des voix aujourd’hui. Lors des élections parallèles du 20 septembre dans le Land du Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, la CDU est tombée sous les 5 %, une première dans l’histoire de l’Allemagne. Ce déclin s’explique par des politiques perçues comme déconnectées des réalités sociales, comme la hausse des dépenses militaires ou les réformes impopulaires sur la santé. Parallèlement, l’extrême droite progresse, avec l’Alternative für Deutschland (AfD) en tête dans plusieurs régions.

Montée de l’extrême droite

L’Alternative für Deutschland (AfD), parti d’extrême droite, a réalisé des scores élevés lors des élections du 20 septembre. En Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, elle a obtenu 38 % des voix, devançant de peu le SPD. À Berlin, elle a atteint 16 % (+7 points par rapport à 2023), arrivant en troisième position. L’AfD séduit particulièrement les hommes jeunes ou d’âge moyen, les ouvriers (30 % des voix à Berlin) et les personnes en difficulté financière. Son discours mêle nationalisme, mesures sociales pour les familles, baisses d’impôts et opposition aux sanctions contre la Russie. Malgré ces succès, les autres partis refusent toujours de gouverner avec elle.

Défis pour Die Linke

Malgré sa victoire à Berlin, Die Linke reste un parti minoritaire à l’échelle nationale, avec environ 12 % d’intentions de vote. Pour devenir une force majeure, il doit élargir son électorat au-delà des grandes villes comme Berlin. Dans les régions rurales de l’Est, son soutien est inégal, et l’AfD y progresse. À Berlin, Die Linke pourrait former une coalition avec les Verts et le SPD, mais des tensions persistent. Les Verts ont déjà critiqué Die Linke en l’accusant de tolérer l’antisémitisme, une accusation utilisée pour diaboliser le parti. De plus, le SPD, partenaire potentiel, a refusé d’appliquer le référendum de 2021 sur la nationalisation des logements, ce qui complique les négociations.

Ce que ça pourrait changer

L’Allemagne est dirigée par une coalition fédérale dirigée par le chancelier conservateur Friedrich Merz (CDU), dont les réformes impopulaires (hausse de l’âge de la retraite, augmentation des frais médicaux, durcissement des règles sur les arrêts maladie) alimentent le mécontentement. Les promesses de transition écologique ont été abandonnées au profit de dépenses militaires. Dans ce contexte, les partis traditionnels perdent du terrain face à l’AfD, qui capitalise sur le rejet des élites et les difficultés économiques. Berlin, ville progressiste, reste un bastion où Die Linke peut espérer concrétiser ses idées, mais son succès ne garantit pas une victoire nationale.

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