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Géopolitique

Rien ne sert de courir pour tout voir : cet été, levez le pied

Courrier International · mis à jour il y a 12 j

Aux périples lointains rythmés par les sauts de puce de ville en ville, de plus en plus de vacanciers préfèrent les séjours plus tranquilles : moins loin, dans des coins plus calmes et avec des activités plus douces. Car après tout, l’idée des vacances d’été, c’est d’abord de se ressourcer..

Voyages longs incertains

En mars 2024, le conflit au Moyen-Orient a provoqué une hausse brutale du prix du kérosène, le carburant utilisé par les avions. Cette augmentation a entraîné une flambée des tarifs des billets d’avion, parfois jusqu’à plusieurs centaines d’euros de plus par trajet. Parallèlement, de nombreux vols ont été annulés en cascade, laissant des voyageurs bloqués à l’étranger ou contraints de payer des sommes exorbitantes pour rentrer chez eux. Face à cette instabilité, les voyages lointains sont devenus moins attractifs. Le site d’information américain Business Insider a souligné que, dans un contexte où l’incertitude domine une grande partie du monde, il peut être rassurant de ne pas s’éloigner trop de chez soi. Cette situation a poussé de nombreuses personnes à reconsidérer leurs projets de vacances, notamment pour l’été 2024.

Slow travel en hausse

Le slow travel (voyage lent) et le staycation (vacances passées chez soi ou à proximité) gagnent en popularité. Dès janvier 2024, la chaîne américaine CNBC a annoncé que le slow travel serait la principale tendance voyage en 2026. Melanie Fish, experte en voyages pour plusieurs sociétés américaines, explique ce phénomène par un besoin croissant de pause face au stress du quotidien. Le slow travel consiste à privilégier des trajets plus longs, des étapes moins nombreuses et des séjours plus immersifs, souvent dans des lieux moins fréquentés. Cette approche permet de voyager de manière plus sereine et durable, tout en évitant les foules et les contraintes logistiques des voyages organisés.

Tourisme proche recherché

Les voyageurs semblent désormais préférer des destinations accessibles sans avion, comme des régions voisines ou même leur propre pays. Ce choix réduit les risques de perturbations liées aux annulations de vols ou aux hausses de prix des billets. Il permet également de découvrir des lieux moins touristiques, où l’on peut lire, se reposer ou pratiquer des activités en toute tranquillité. Une enquête citée par la presse mondiale révèle que 91 % des voyageurs privilégient désormais des vacances plus calmes et moins éloignées de leur domicile. Cette tendance reflète un désir de simplicité et de contrôle sur ses déplacements, dans un monde où l’imprévu est devenu monnaie courante.

Ce que ça pourrait changer

Cette évolution s’inscrit dans un contexte économique et social marqué par des tensions géopolitiques et des crises énergétiques. Les prix élevés du kérosène, combinés à une inflation générale, rendent les voyages coûteux et moins accessibles. Par ailleurs, la crise sanitaire récente a laissé des traces dans les habitudes des voyageurs, qui recherchent désormais plus de stabilité et de prévisibilité. Les médias internationaux, comme *Business Insider* ou CNBC, soulignent que cette tendance du *slow travel* pourrait s’inscrire dans la durée, au-delà de l’été 2024. Elle répond à un besoin profond de reconnexion avec soi-même et avec des espaces moins saturés par le tourisme de masse.

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