De la famille en Amérique, avec Madeline Cash
Dans son premier roman, "Les brebis égarées", Madeline Cash dissèque avec humour les failles d'une famille américaine, les Flynn. Elle est invitée du festival America, dont France Culture est partenaire..
Madeline Cash est une romancière américaine, cofondatrice du magazine Forever, invitée au festival America dont France Culture est partenaire. Elle présente son premier roman, Les brebis égarées, publié en juin 2026 aux éditions Denoël. Ce livre explore les tensions intimes et sociales d’une famille américaine fictive, les Flynn, dans une banlieue anonyme des États-Unis. L’autrice précise que son récit n’est pas autobiographique mais s’inspire de multiples influences, comme les films Virgin Suicides ou des expériences personnelles indirectes. Elle souligne que l’histoire pourrait se dérouler n’importe où aux États-Unis, rendant ses personnages universels et accessibles à un large public.
Dans Les brebis égarées, Madeline Cash dépeint une famille américaine de classe moyenne, les Flynn, vivant dans une banlieue idéalisée mais en réalité chaotique. Le roman met en lumière les dysfonctionnements d’un quotidien apparemment ordinaire, à travers des personnages comme des sœurs aux personnalités contrastées. L’autrice s’inspire de figures de la jeunesse rebelle et désenchantée pour construire son récit. Elle explique avoir créé ces personnages à partir de ce qu’elle a observé dans la culture populaire, notamment des films et des livres, plutôt que de sa propre expérience familiale, n’ayant pas de sœurs.
Le roman de Madeline Cash utilise la satire pour dénoncer les dérives d’une société américaine obsédée par la bienveillance de façade et le politiquement correct. L’autrice épingle notamment les institutions religieuses, dont elle juge qu’elles ont échoué à fédérer les communautés modernes. Elle observe que les personnages de son livre aspirent à appartenir à une communauté, mais que les systèmes traditionnels, comme les religions institutionnelles, ne répondent plus à leurs attentes. Elle évoque aussi la rigidité des structures sociales actuelles, devenues obsolètes face aux aspirations d’une jeunesse en quête de sens.
Madeline Cash décrit une génération marquée par un profond désenchantement, notamment en raison de l’économie américaine dominée par la toute-puissance du dollar. Elle explique que cette situation empêche les jeunes de vivre décemment et de réaliser leurs projets, car les systèmes économiques et sociaux sont endommagés. Pour illustrer ce sentiment, elle utilise l’ironie et des jeux formels inspirés du mouvement Oulipo, un courant littéraire français qui joue avec les contraintes d’écriture. Elle souligne que le dollar, en tant que pilier de l’économie, limite les libertés individuelles et étouffe les rêves de sa génération.
Pour écrire *Les brebis égarées*, Madeline Cash s’est notamment inspirée du roman *Virgin Suicides* de Jeffrey Eugenides, un classique de la littérature américaine publié en 1993. Ce livre raconte l’histoire tragique de cinq sœurs dans une banlieue américaine des années 1970. L’autrice a aussi puisé dans des films et des récits explorant des univers similaires, comme celui de jeunes femmes en quête d’identité dans des milieux sociaux contraignants. Ces influences lui ont permis de construire une fresque à la fois réaliste et ironique, reflétant les contradictions de la société américaine contemporaine.

