Entente Pessamit-Hydro-Québec : il fallait oser, estime Ian Lafrenière
Ian Lafrenière indique que les élections à Pessamit et à Québec ont entraîné ce référendum rapide..
Le 12 juillet 2026, la communauté innue de Pessamit, située sur la Côte-Nord du Québec, a organisé un référendum pour valider une entente proposée par Hydro-Québec et le gouvernement du Québec. Le projet d'entente visait à régler deux enjeux majeurs : d'abord, compenser les préjudices causés par le développement hydroélectrique passé dans la région, puis encadrer les futurs projets de développement énergétique. Les membres de la communauté ont rejeté cette entente à 63 %. Le ministre Ian Lafrenière, responsable des Relations avec les Premières Nations et les Inuit, a accepté ce résultat tout en soulignant son caractère démocratique. Le référendum s'est tenu dans un contexte électoral provincial, avec des élections générales au Québec et des élections locales à Pessamit prévues la même semaine.
L'entente proposée par Hydro-Québec et le gouvernement québécois était considérée comme une initiative audacieuse par Ian Lafrenière, ministre de la Sécurité intérieure. Il a expliqué que cette proposition représentait une fenêtre d'opportunité qui s'est ouverte récemment, permettant de négocier un accord global. Cependant, cette entente a dû être défendue et acceptée par le Conseil des ministres du Québec, ce qui n'a pas été simple selon Lafrenière. Il a ajouté que sans prise de risque, aucune avancée n'est possible. Le chef de l'Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador, Francis Verreault-Paul, a critiqué le fait que le gouvernement québécois se soit engagé à la dernière minute, limitant ainsi le temps de réflexion accordé à la communauté pour étudier l'entente.
Avant ce référendum, une entente-cadre avait déjà été signée en février 2024 entre Hydro-Québec, le gouvernement du Québec et la communauté de Pessamit. Cette entente prévoyait l'octroi de 45 millions d'euros à Pessamit d'ici 2030, destinés à la création d'un fonds de développement social. Selon Ian Lafrenière, cette première entente a déjà permis des changements concrets dans la communauté, comme la construction de 67 maisons. Il a souligné que ces réalisations montrent l'impact positif des négociations précédentes. Cependant, Marco Bacon, un membre de la communauté, a exprimé sa déception face au résultat du référendum, estimant que l'entente proposée en 2026 ne répondait pas aux besoins réels de la population.
Marco Bacon, membre de la communauté de Pessamit, a qualifié le rejet de l'entente de victoire pour sa communauté et pour toutes les nations innues de la Côte-Nord. Il a insisté sur la nécessité de ne pas compromettre l'environnement et les rivières de la région pour répondre aux besoins énergétiques du Québec. Il a également exprimé une perte de confiance envers les dirigeants locaux, estimant que le référendum avait été organisé dans l'urgence pour éviter une réflexion approfondie. Le vice-chef du Conseil des Innus de Pessamit, Jérôme Bacon St-Onge, a reconnu la légitimité du résultat tout en partageant l'avis que l'entente était une voie prometteuse. Il a appelé à la poursuite du dialogue pour protéger les intérêts de la communauté et respecter ses droits.
Francis Verreault-Paul, chef de l'Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador, a salué le processus démocratique du référendum mais a critiqué les contraintes de temps imposées par le gouvernement québécois. Il a souligné que les Premières Nations ont besoin de temps pour consulter leurs membres et obtenir une rétroaction avant de prendre des décisions importantes. Malgré le rejet de l'entente, Ian Lafrenière a assuré que les négociations entre Québec et Pessamit se poursuivraient pour trouver d'autres solutions. Il a également rappelé l'importance de l'unité au sein de la communauté pour faire progresser les intérêts de la nation innue et protéger son territoire.

