Au Népal, une catastrophe si peu naturelle
La crue dévastatrice qui a submergé une vallée de l’Himalaya a fait plus de 550 morts et plus de 2 000 disparus, selon un bilan communiqué vendredi 28 août. “N’importe qui aurait pu affirmer qu’elle arriverait un jour ou l’autre”, assène la rédactrice en chef du “Nepali Times” dans un éditorial qui pointe du doigt la responsabilité humaine dans cette catastrophe..
Le 28 août 2026, une crue dévastatrice a frappé le centre du Népal, causant plus de 550 morts et plus de 2 000 disparus. Cette catastrophe est la pire que le pays ait connue depuis le séisme de 2015. Les régions touchées incluent notamment la vallée de l'Himalaya, où des familles indiennes ont appelé la rédaction du Nepali Times pour tenter de localiser leurs proches disparus. Les destructions matérielles et économiques sont également sans précédent, avec des infrastructures comme une succursale bancaire ou un poste de police entièrement rayés de la carte. Les niveaux d'eau ont brutalement augmenté après un éboulement sur la face nord du Langtang, obstruant la rivière Lhende avant qu'elle ne se jette dans la Trishuli.
L'éboulement responsable de la crue s'est produit sur la face nord du Langtang, une montagne de l'Himalaya népalais. Cet éboulement a bloqué la rivière Lhende, provoquant une accumulation d'eau en amont. Le 26 août 2026, vers 9 heures, la pression a été telle que l'eau a rompu la barrière naturelle, libérant une coulée de débris de près de 80 mètres de haut. Cette vague a tout emporté sur son passage en aval, notamment dans la région de Timure, située à la frontière avec le Tibet. La télédétection, une technologie permettant d'observer la Terre depuis l'espace, a permis d'identifier rapidement le site de l'éboulement. Cependant, personne ne pouvait prédire l'instant précis de la catastrophe, bien que son occurrence était inévitable à long terme.
Dans un éditorial, la rédactrice en chef du Nepali Times a pointé du doigt la responsabilité humaine dans cette catastrophe. Bien que l'éboulement soit un phénomène naturel, l'absence de mesures préventives et de gestion des risques a aggravé ses conséquences. Le Népal, déjà fragilisé par le séisme de 2015, n'a pas suffisamment investi dans des infrastructures adaptées ou des systèmes d'alerte pour faire face à de tels événements. La catastrophe était donc prévisible, et des actions auraient pu être mises en place pour limiter son impact. Cette critique souligne l'importance de la prévention et de la préparation face aux risques naturels, surtout dans une région aussi vulnérable que l'Himalaya.
Le Népal est un pays d'Asie du Sud, situé dans la chaîne de l'Himalaya, entre la Chine (Tibet) et l'Inde. Sa géographie montagneuse le rend particulièrement exposé aux risques naturels comme les séismes, les glissements de terrain et les crues. Le 25 avril 2015, un séisme de magnitude 7,8 avait déjà causé plus de 9 000 morts et des destructions massives. Depuis, le pays tente de se reconstruire, mais les ressources limitées et les défis politiques compliquent les efforts de prévention. La fête de Janai Purnima, un événement religieux majeur, a également été marquée par cette catastrophe, avec des pèlerins parmi les victimes. Le Nepali Times, un média indépendant de Katmandou, joue un rôle clé dans la couverture critique de ces événements et la sensibilisation aux risques.
À l'heure où l'article a été publié, les opérations de secours étaient toujours en cours pour retrouver les disparus et secourir les survivants piégés dans des zones isolées. Les familles des victimes, notamment indiennes, ont sollicité la rédaction du *Nepali Times* pour les aider à localiser leurs proches. Les autorités locales et internationales, dont celles du Tibet voisin, tentent de coordonner les efforts pour éviter de nouvelles crues et faciliter l'accès aux zones sinistrées. Cependant, les risques de nouvelles coulées de débris ou d'inondations persistent, compliquant les opérations. Cette catastrophe rappelle l'urgence pour le Népal de renforcer ses systèmes d'alerte et ses infrastructures pour mieux résister aux catastrophes naturelles à l'avenir.

