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Généraliste

Donald Trump a signé un décret visant à espacer les vaccins pour les enfants

ICI Radio-Canada · mis à jour il y a 22 j

Le président américain a fait à plusieurs reprises un lien avec l'autisme lors de la présentation du texte..

Nouveau décret Trump

Le président américain Donald Trump a signé un décret le 10 août 2026 introduisant de nouvelles recommandations pour espacer l'administration des vaccins aux enfants. Ce texte suggère notamment de dissocier certains vaccins, comme ceux contre la rougeole, la rubéole et les oreillons, qui sont actuellement administrés en une seule injection. Le décret a été présenté en associant ces changements à des préoccupations concernant l'autisme, un trouble neurodéveloppemental dont les causes restent inconnues. Donald Trump a évoqué une époque où les enfants recevaient moins de vaccins, affirmant que cela coïncidait avec une meilleure santé générale et un taux d'autisme plus faible. Cependant, il n'existe aucune preuve scientifique établissant un lien entre les vaccins et l'autisme. Le décret recommande également de développer des vaccins individuels pour ces maladies, en collaboration avec le secteur privé et d'autres pays.

Rôle de RFK Jr

Robert F. Kennedy Jr., secrétaire à la Santé sous l'administration Trump, est connu pour ses positions antivaccins. Il a été nommé à ce poste en 2025 et a depuis entrepris un réexamen complet des vaccins utilisés aux États-Unis, certains étant en place depuis des décennies. Ce réexamen inclut la modification du calendrier vaccinal pour les enfants et la réduction des financements pour le développement de nouveaux vaccins. Ces mesures ont été largement critiquées par la communauté médicale et scientifique, qui les juge illégales et dangereuses. En début d'année 2026, un juge américain avait suspendu une partie de cette refonte vaccinale, estimant qu'elle outrepassait les pouvoirs du gouvernement fédéral. Kennedy Jr. a également évoqué des injections de grande taille, sans préciser sa comparaison.

Réactions de la communauté médicale

La communauté médicale américaine, représentée notamment par l'Académie américaine de pédiatrie (AAP), a vivement réagi au décret. Andrew Racine, président de l'AAP, a estimé qu'il faudrait plus de dix ans pour développer et homologuer des vaccins individuels aux États-Unis. Aaron M. Milstone, également membre de l'AAP, a rappelé que les vaccins actuels, administrés selon un calendrier éprouvé, bénéficient de décennies de données confirmant leur sécurité et leur efficacité. Le sénateur républicain Bill Cassidy, lui-même médecin, a qualifié le décret d'erreur, soulignant que les vaccins ne provoquent pas l'autisme et que leur sécurité est bien documentée. Il a ajouté que ce décret risquait d'accroître la méfiance du public envers la vaccination.

Contexte épidémiologique

Le décret a été signé alors que les États-Unis font face à leur pire épidémie de rougeole depuis 35 ans. Cette maladie, extrêmement contagieuse, peut entraîner des complications graves, notamment chez les jeunes enfants. Les vaccins combinés contre la rougeole, la rubéole et les oreillons (souvent appelés vaccin RRO) sont considérés comme essentiels pour protéger les enfants et éviter la propagation de ces maladies. Le gouvernement fédéral n'a pas le pouvoir de rendre ces vaccins obligatoires, mais il peut conseiller aux États de revoir leurs politiques vaccinales pour l'entrée à l'école. Plusieurs associations de soignants avaient déjà contesté les mesures de l'administration Trump, les jugeant illégales et contraires aux intérêts de la santé publique.

Ce que ça pourrait changer

Le décret signé par Donald Trump illustre les tensions entre les recommandations gouvernementales et les décisions médicales fondées sur des preuves scientifiques. Jeffrey Singer, de l'institut Cato, a souligné que donner une place centrale aux recommandations politiques dans les choix médicaux comportait des risques. Le gouvernement fédéral, qui n'a pas l'autorité pour imposer directement des changements dans les calendriers vaccinaux, se contente de proposer des ajustements aux États. Cette approche a déjà été contestée devant les tribunaux, où des juges ont suspendu certaines mesures de l'administration Trump, les jugeant illégales. Le débat sur la vaccination reste un sujet hautement politisé aux États-Unis, avec des implications directes sur la santé des enfants et la lutte contre les épidémies.

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