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Généraliste

Le gouvernement indien empêche la révolte contre la commission électorale

Le Devoir · mis à jour il y a 5 j

La police a interpellé dans la matinée les trois principaux chefs du mouvement des «cafards»..

Crise politique en Inde

En Inde, une crise politique majeure a éclaté autour de la Commission électorale indienne (CEI), un organisme indépendant chargé de superviser les élections. Le gouvernement du premier ministre Narendra Modi, membre du parti ultranationaliste hindou Bharatiya Janata Party (BJP), est accusé par l'opposition de vouloir contrôler cet organisme pour favoriser son parti. La tension a atteint son paroxysme avec une manifestation prévue le 10 octobre 2026 à New Delhi, exigeant la démission du président de la CEI, Gyanesh Kumar. L'opposition, menée par des figures comme Rahul Gandhi (chef du parti du Congrès) et le mouvement des cafards (CJP), dénonce une manipulation des listes électorales pour écarter des millions de citoyens, notamment des minorités comme les musulmans. La veille de la manifestation, plus de 20 000 policiers ont encerclé le centre-ville de Delhi, coupant l'accès à Internet mobile et interdisant tout rassemblement.

Répression massive

Pour empêcher la manifestation du 10 octobre 2026, les autorités indiennes ont mené une répression sans précédent. Dès le matin, les trois principaux leaders du mouvement des cafards, dont Abhijeet Dipke (fondateur du parti du peuple des cafards ou CJP), ont été arrêtés dans l'avion qui les amenait à New Delhi, sous prétexte que la manifestation n'avait pas été autorisée. Tout au long de la journée, plus de 5 000 personnes ont été interpellées selon The Hindu, tandis que d'autres sources évoquent jusqu'à 15 000 arrestations. Le centre-ville de Delhi, point de rendez-vous des manifestants, était totalement inaccessible, entouré par des forces de l'ordre. Les organisateurs, comme Ajinkya Shinde, ont appelé à poursuivre les mobilisations malgré la répression, déclarant : « Qu'ils remplissent les prisons ». Cette répression a été condamnée par le Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme, qui a exigé la libération immédiate des personnes détenues arbitrairement.

Mouvements sociaux en hausse

La révolte actuelle s'inscrit dans une série de mobilisations sociales récentes en Inde. En juillet 2026, une manifestation massive des cafards avait déjà été violemment réprimée à New Delhi, faisant 180 blessés selon la police et « plusieurs centaines » selon les organisateurs. Cette protestation dénonçait des fraudes aux examens universitaires, poussant le gouvernement à accepter, cinq jours plus tard, la démission de son ministre de l'Éducation. Le mouvement des cafards a été créé en mai 2026 en réaction à des propos du président de la Cour suprême, Surya Kant, qui avait qualifié les jeunes chômeurs de parasites et de cafards. Depuis, des défilés spontanés se forment dans la capitale, malgré les interdictions, avec des slogans comme « Je suis ici pour défendre la Constitution ». Les manifestants, souvent des jeunes comme l'étudiant Saransh, refusent de demander une autorisation pour protester pacifiquement dans ce qu'ils appellent la « plus grande démocratie du monde ».

Ce que ça pourrait changer

L'opposition accuse le gouvernement de **Narendra Modi** de dérive autoritaire, notamment depuis 2014, année de son arrivée au pouvoir. Les critiques visent la révision des listes électorales, lancée en 2025, qui a conduit à la radiation de 130 millions d'inscrits, officiellement pour éliminer les doublons, les défunts et les fraudeurs. Cependant, les opposants, dont l'ancien maire de New Delhi **Arvind Kejriwal**, estiment que cette opération cible principalement les minorités et les populations vulnérables pour avantager le BJP. La répression du 10 octobre 2026 a renforcé ces accusations, avec des déclarations comme « C'est officiel, nous vivons dans une dictature dirigée par Modi ». Le BJP, par la voix de son président **Nitin Nabin**, justifie ses actions en accusant les manifestants de vouloir « déstabiliser » l'Inde. Selon l'analyste politique **Nilanjan Mukhopadhyay**, l'image de Modi, autrefois perçue comme celle d'un « homme fort », est aujourd'hui sérieusement ternie, et sa situation politique pourrait se dégrader davantage dans les mois à venir.

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