La présence de PFAS détectée dans 60 % des œufs testés
Sur 91 œufs prélevés partout en France, 52 contiennent des polluants éternels ( PFAS ) et 23 dépassent la norme de qualité, selon une campagne de tests conduite par la cellule investigation de Radio France et des rédactions locales ICI . « Ils provenaient aussi bien de zones où la présence de PFAS avait déjà été signalée que de lieux choisis sans indice particulier de contamination », précise l'enquête.
Une étude récente a révélé la présence de PFAS dans 60 % des œufs testés en France. Les PFAS (substances per- et polyfluoroalkylées) sont une famille de plus de 4 700 composés chimiques synthétiques, utilisés depuis les années 1950 pour leurs propriétés antiadhésives, imperméables et résistantes à la chaleur. Ces substances, surnommées forever chemicals (ou « produits chimiques éternels »), sont particulièrement problématiques car elles ne se dégradent pas naturellement dans l’environnement et s’accumulent dans les organismes vivants, y compris les humains. Leur persistance les rend difficiles à éliminer une fois répandues dans la nature.
Les PFAS peuvent contaminer les sols et les eaux via plusieurs sources industrielles, agricoles et domestiques. Les activités industrielles, comme la fabrication de revêtements antiadhésifs (ex. : poêles en téflon) ou de textiles imperméables, sont des émetteurs majeurs. L’agriculture intensive, notamment l’épandage de boues de stations d’épuration ou l’utilisation d’engrais contaminés, contribue également à leur dissémination. Une fois dans l’environnement, ces substances peuvent être absorbées par les plantes, puis ingérées par les animaux d’élevage, comme les poules, dont les œufs deviennent ainsi vecteurs de contamination pour les consommateurs.
L’exposition aux PFAS est associée à plusieurs risques pour la santé humaine, bien que les mécanismes exacts restent encore étudiés. Des études scientifiques ont établi des liens entre ces substances et des problèmes tels que des perturbations du système hormonal, des cancers (notamment du rein et des testicules), une baisse de la fertilité, des troubles du système immunitaire et des effets sur le développement des fœtus. Ces risques sont particulièrement préoccupants car les PFAS s’accumulent dans le corps humain sur de longues périodes, avec une demi-vie estimée à plusieurs années pour certaines molécules.
Face à ces résultats, des associations environnementales et des scientifiques appellent à une régulation plus stricte des PFAS. En Europe, l’Agence européenne de sécurité des aliments (EFSA) a fixé en 2020 une dose hebdomadaire tolérable (DHT) pour deux types de PFAS, mais cette valeur est contestée par certains experts qui estiment qu’elle ne protège pas suffisamment la population. En France, des associations comme Générations Futures demandent un renforcement des contrôles sur les produits alimentaires et une interdiction totale de ces substances dans les procédés industriels et agricoles.
Pour limiter l’exposition aux PFAS, les experts recommandent des mesures de précaution simples mais efficaces. Il est conseillé de varier les sources d’approvisionnement en œufs et de privilégier les circuits courts ou biologiques, où les pratiques agricoles sont souvent moins intensives. Laver soigneusement les légumes et les fruits avant consommation peut également réduire l’ingestion de PFAS présents dans les sols. Enfin, les consommateurs sont encouragés à se renseigner sur les politiques de transparence des producteurs concernant l’utilisation de ces substances.

