« Nous sommes du même camp : il est temps de rejoindre la presse indépendante »
Vingt-huit médias et organisations, dont Next, ont répondu à l’appel lancé par La Presse libre pour soutenir la presse indépendants et défendre le pluralisme. Depuis cet été en France, nos requêtes Google ne pointent plus vers des sources.
Depuis l'été 2026 en France, lorsque les utilisateurs effectuent une recherche sur Google, le moteur de recherche ne redirige plus systématiquement vers des sources d'information en ligne. À la place, il génère une réponse directe grâce à l'intelligence artificielle (IA), un système informatique capable de traiter et synthétiser des données pour produire du texte ou des réponses automatisées. Cette évolution pose un problème majeur : Google s'approprie ainsi le contenu produit par les médias, souvent après des années de travail journalistique, sans les rémunérer ni les citer. Les grands groupes médiatiques, capables de négocier des accords avec les géants technologiques, bénéficient d'une visibilité, tandis que les petits médias indépendants sont totalement ignorés et deviennent invisibles aux yeux du public.
L'article souligne que Google n'est pas le seul acteur à influencer la manière dont les citoyens s'informent. Avant lui, Facebook avait déjà réduit la visibilité des médias dans ses suggestions, car ces derniers étaient jugés peu rentables commercialement. Ces pratiques illustrent une tendance plus large : les big tech (grands groupes technologiques comme Google, Facebook, Amazon, etc.) vampirisent l'information, c'est-à-dire qu'ils en tirent profit sans nécessairement contribuer à sa production ou à son financement. En conséquence, le débat public est orienté par des algorithmes et des logiques commerciales, privant les citoyens de leur libre arbitre : ils ne choisissent plus comment ils s'informent, car ce sont ces plateformes qui sélectionnent et présentent l'information à leur place.
L'article met en lumière un phénomène bien connu : la concentration de la production d'information entre les mains de quelques acteurs puissants, au détriment de la diversité et du pluralisme. Historiquement, les médias étaient détenus par des milliardaires prêts à investir des dizaines de millions d'euros par an pour posséder un titre de presse et en tirer une influence politique ou sociale. En revanche, les médias indépendants ne disposent pas de tels moyens financiers. Ils reposent presque exclusivement sur le soutien de leur public, que ce soit par des abonnements, des dons ou du partage de leurs contenus. Cette situation menace la clarté du débat public, car un paysage médiatique diversifié est essentiel pour une démocratie saine, où chaque point de vue peut être représenté et discuté.
Face à cette menace, 24 médias indépendants français, dont *La Presse libre*, *Mediapart*, *Reporterre* ou *Le Média*, lancent un appel solennel à leur public. Leur objectif n'est pas de défendre leurs intérêts propres, mais de préserver le **pluralisme des points de vue**, c'est-à-dire la possibilité pour chacun de s'informer librement et de manière variée. Ils soulignent que dans un contexte où l'honnêteté du journalisme et la défense des libertés sont plus cruciales que jamais, des médias libres sont indispensables. Le public est donc invité à les soutenir activement, que ce soit en relayant leurs articles, en faisant un don ou en s'abonnant. Cet appel s'inscrit dans une logique collective : sans le soutien des lecteurs, ces médias risquent de disparaître, emportant avec eux une partie de la diversité de l'information en France.

