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L'invasion automnale est sur le point de commencer. Les coccinelles asiatiques envahissent les maisons en essaims et peuvent même parfois piquer

Science & Vie · mis à jour il y a 3 j

À l’automne, on se réjouit souvent de voir les petits coléoptères rouges tapisser les murs ensoleillés. Sauf que ceux qui s’agglutinent aujourd’hui aux fenêtres viennent d’Asie.

Coccinelle asiatique en invasion

Chaque automne, une espèce de coccinelle originaire d’Asie, appelée Harmonia axyridis ou coccinelle asiatique, commence à envahir les maisons en France et dans d’autres régions tempérées. Contrairement à la coccinelle européenne, cette espèce est reconnaissable à sa couleur rouge orangé avec des points noirs, mais elle peut aussi être noire avec des points rouges. Elle se distingue par son comportement grégaire : en automne, elle cherche des lieux chauds et abrités pour hiverner, ce qui la pousse à s’infiltrer massivement dans les habitations, les greniers ou les caves. Les essaims peuvent compter des centaines, voire des milliers d’individus, créant une nuisance visuelle et parfois olfactive en raison des sécrétions qu’elles produisent lorsqu’elles se sentent menacées.

Origine et expansion

La coccinelle asiatique a été introduite en Europe et en Amérique du Nord au XXe siècle dans le cadre de la lutte biologique contre les pucerons, ravageurs des cultures. En France, elle a été observée pour la première fois en 2004 et s’est rapidement répandue, devenant aujourd’hui l’espèce de coccinelle la plus abondante dans certaines régions. Son expansion s’explique par sa grande adaptabilité, sa reproduction rapide et l’absence de prédateurs naturels dans ces nouveaux territoires. Contrairement à la coccinelle européenne, elle est plus agressive et peut concurrencer les espèces locales pour la nourriture.

Comportement et nuisances

En plus de leur présence massive, les coccinelles asiatiques peuvent libérer un liquide jaune et malodorant, appelé hémolymphe, lorsqu’elles sont manipulées ou écrasées. Ce liquide, inoffensif pour l’homme mais irritant, peut tacher les murs, les meubles ou les vêtements. Certaines personnes rapportent aussi des piqûres légères, bien que ces insectes ne soient pas venimeux. Leur morsure, rare, provoque une petite irritation cutanée similaire à celle d’un moustique. Leur accumulation dans les maisons peut aussi causer des allergies chez les personnes sensibles, notamment en raison des déjections et des phéromones qu’elles émettent.

Risques sanitaires et solutions

Bien que les coccinelles asiatiques ne soient pas dangereuses pour la santé humaine, leur présence en grand nombre peut devenir problématique. Les autorités sanitaires recommandent de ne pas les écraser, car cela aggrave les nuisances (odeurs, taches), et de les capturer délicatement à l’aide d’un aspirateur ou d’un bocal pour les relâcher à l’extérieur. Pour éviter leur intrusion, il est conseillé de boucher les fissures des fenêtres, des portes et des murs avant l’automne. Des pièges spécifiques, comme des bouteilles remplies d’eau sucrée, peuvent aussi être utilisés pour les attirer et les éloigner des habitations. En cas d’allergie ou de réaction cutanée, il est recommandé de consulter un médecin.

Ce que ça pourrait changer

L’arrivée de la coccinelle asiatique a un impact écologique significatif. En se nourrissant de pucerons, elle peut perturber les écosystèmes locaux en réduisant les populations d’insectes bénéfiques, comme les coccinelles européennes. Certaines études suggèrent qu’elle pourrait aussi transmettre des maladies aux autres insectes ou aux plantes. Son expansion a conduit à des programmes de surveillance en Europe pour évaluer son impact sur la biodiversité. Contrairement à son rôle initial dans la lutte biologique, elle est aujourd’hui considérée comme une espèce invasive, dont la prolifération doit être maîtrisée pour préserver l’équilibre des écosystèmes.

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