Les soldats nord-coréens ont pris très cher en Ukraine en 2024, mais Pyongyang pourrait encore en envoyer 50.000
Alors qu'ils avaient déjà combattu il y a deux ans avec les forces russes, les soldats nord-coréens pourraient à nouveau être mobilisés pour défendre la Russie contre les offensives ukrainiennes..
En 2024, la Corée du Nord a envoyé pour la première fois des soldats combattre en Ukraine aux côtés de la Russie. Sur les 13 000 militaires nord-coréens déployés, 3 000 sont morts au combat. Leur mission consistait à repousser une offensive ukrainienne, mais les forces ukrainiennes ont finalement été repoussées. Depuis, plus aucune information officielle n’a été communiquée sur le sort des survivants. Ce déploiement marque une première historique pour Pyongyang, qui n’avait jamais engagé une telle force à l’étranger. Les soldats étaient organisés en unités et opéraient principalement dans la région de Koursk, en Russie, sans participer à des combats actifs sur le territoire ukrainien occupé.
Les pertes subies par les soldats nord-coréens en 2024 ont été très lourdes, avec 3 000 morts sur 13 000 engagés. Ces pertes s’expliquent notamment par leur manque d’expérience face aux tactiques modernes de guerre, comme l’utilisation massive de drones. Selon le chercheur Yang Uk de l’Institut Asan, les soldats nord-coréens, bien que courageux, ont montré des lacunes en matière de communication avec leurs alliés russes et d’équipement adapté. Leur stratégie reposait sur des mouvements constants, ce qui leur offrait un avantage limité. Malgré ces échecs, la Corée du Nord a tiré des enseignements de cette expérience pour améliorer ses futures interventions.
En septembre 2026, environ 8 500 soldats nord-coréens restent déployés en Russie, selon les services de renseignement ukrainiens. Ils sont répartis en quatre brigades chargées de protéger la frontière russe dans la région de Koursk. Leur rôle actuel est défensif : ils ne participent pas à des opérations de combat actives et ne sont pas présents dans les territoires ukrainiens occupés. Leur présence vise à anticiper une éventuelle contre-attaque ukrainienne. Le chercheur Yang Uk confirme que ces troupes sont toujours en place et qu’elles pourraient être renforcées à l’avenir.
En septembre 2026, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a alerté sur un possible déploiement supplémentaire de 50 000 soldats nord-coréens en Russie. Ce chiffre dépasse de 20 000 les premières estimations et représente une escalade majeure du conflit. Zelensky a appelé la Corée du Sud à soutenir l’Ukraine en renforçant sa défense aérienne. Si ce projet se concrétise, il s’agirait du plus grand engagement militaire nord-coréen à l’étranger, avec des implications économiques et politiques majeures pour Pyongyang.
Malgré les pertes importantes de 2024, la Corée du Nord pourrait envoyer davantage de soldats en raison de plusieurs facteurs. D’abord, le régime de Kim Jong-un cherche à renforcer son alliance avec la Russie, qui lui rapporte des revenus estimés à près de 10 milliards de dollars (8,6 milliards d’euros) grâce aux ventes d’armes. Ensuite, ce déploiement représente une valeur économique et politique considérable pour Pyongyang, qui y voit un moyen de consolider son influence internationale. Enfin, les soldats nord-coréens sont perçus comme une chair à canon par leurs adversaires, prêts à mourir pour leur pays, ce qui en fait une ressource militaire peu coûteuse.
En avril 2025, le leader nord-coréen Kim Jong-un a rendu hommage aux soldats morts en Ukraine lors d’une cérémonie commémorative à Pyongyang. Dans un discours, il a salué leur sacrifice en les qualifiant d’*héros* ayant choisi de se sacrifier pour défendre l’honneur du pays. Cette cérémonie, organisée au sein du nouveau Musée des opérations militaires à l’étranger, a réuni des proches des victimes ainsi que le ministre russe de la Défense, Andreï Belooussov. Kim Jong-un a souligné leur bravoure, malgré les lourdes pertes subies, et présenté leur engagement comme un acte patriotique.

