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Géopolitique

En Allemagne, un nouveau succès de l’AfD aux élections régionales pourrait faire tomber Merz

Le Grand Continent · mis à jour il y a 18 h

Deux élections régionales ont lieu aujourd’hui, le 20 septembre, dans les Länder de Berlin et de Mecklembourg-Poméranie-Occidentale L’article En Allemagne, un nouveau succès de l’AfD aux élections régionales pourrait faire tomber Merz est apparu en premier sur Le Grand Continent..

Élections régionales clés

Deux Länder allemands, le Mecklembourg-Poméranie-Occidentale et Berlin, organisent aujourd’hui, 20 septembre 2026, des élections régionales pour renouveler leurs assemblées législatives. Le Mecklembourg-Poméranie-Occidentale élit 71 députés pour son Landtag (parlement régional), tandis que Berlin vote pour 130 sièges à la Chambre des députés (équivalent du parlement local). Ces scrutins sont cruciaux car ils pourraient influencer la stabilité politique nationale. Les résultats sont attendus avec attention, car ils pourraient affaiblir ou renforcer les partis au pouvoir, notamment la CDU (Union chrétienne-démocrate), dirigée par le chancelier Friedrich Merz.

Montée de l'AfD

Le parti d’extrême droite Alternative für Deutschland (AfD) réalise une progression significative dans les sondages. À Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, il est donné en tête avec 36,5 % des intentions de vote, soit une hausse de 19,8 points par rapport aux dernières élections de 2021. À Berlin, il obtient 17,9 %, derrière Die Linke (20,7 %) et la CDU (20 %). L’AfD, créé en 2013, est souvent classé à l’extrême droite de l’échiquier politique allemand en raison de ses positions anti-immigration, eurosceptiques et critiques envers les élites. Son score record dans ces régions reflète une tendance nationale de montée des partis populistes en Europe.

Crise pour le chancelier Merz

Le chancelier allemand Friedrich Merz, chef de la CDU et au pouvoir depuis 16 mois, fait face à une crise politique majeure. Son taux de popularité est historiquement bas : 81 % des Allemands jugent négativement son action, selon un récent sondage. Les élections régionales pourraient aggraver cette situation, surtout si la CDU réalise un score inférieur à 5 % à Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, un seuil symbolique sous lequel un parti perd ses sièges. Une telle performance affaiblirait Merz, déjà contesté au sein de son propre parti. Son départ forcé n’est pas exclu, bien qu’il ait jusqu’ici refusé de démissionner.

Scénarios politiques incertains

Si Merz démissionne et qu’aucun successeur ne parvient à obtenir une majorité au Bundestag (parlement fédéral), le président allemand pourrait convoquer des élections anticipées. Cette option est redoutée par la CDU/CSU (coalition au pouvoir) et le SPD (Parti social-démocrate), car elle créerait une instabilité en pleine année électorale européenne (France, Italie, Grèce, Espagne, Pologne). Deux figures émergent comme possibles remplaçants de Merz : Hendrik Wüst, ministre-président de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, et Markus Söder, ministre-président de Bavière. Cependant, aucun ne dispose aujourd’hui d’une majorité garantie au Bundestag pour les soutenir.

Ce que ça pourrait changer

Huit ministres-présidents régionaux, dont Wüst, ont signé une lettre appelant à la stabilité de l’Allemagne, soulignant l’importance d’un pays fort dans une Europe unie. Cette préoccupation s’inscrit dans un contexte géopolitique tendu, marqué par des élections majeures en Europe en 2027. La CDU/CSU et le SPD craignent qu’une crise politique allemande ne fragilise l’Union européenne, déjà confrontée à des défis économiques et migratoires. La stabilité du gouvernement allemand est perçue comme un pilier pour l’équilibre du continent.

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