Une « discrimination » dénoncée dans un programme sports-études en Estrie
Des parents dénoncent le refus d’admission de leur fils au programme sports-études de l’école Massey-Vanier..
Les parents de Mikko Surprenant, un garçon de 12 ans atteint de dyslexie, ont appris que leur fils ne serait pas admis au programme sports-études hockey de l’école secondaire Massey-Vanier à Granby, en Estrie, pour la rentrée 2024. La direction de l’école a justifié cette décision en invoquant une moyenne scolaire insuffisante, inférieure à 70 % dans toutes les matières. Les parents soulignent que Mikko avait pourtant été sélectionné lors d’un camp d’entraînement pour intégrer l’équipe de hockey du programme deux ans plus tôt. Ils estiment que cette exclusion est injuste, car elle repose uniquement sur des critères académiques, sans tenir compte des efforts de l’enfant ni de son diagnostic de dyslexie, un trouble spécifique des apprentissages qui affecte la lecture, l’écriture et parfois la compréhension.
Les parents de Mikko avaient proposé un plan d’accompagnement pour faciliter son intégration au programme sports-études. Ce plan incluait un soutien scolaire personnalisé avec une tutrice, afin de l’aider à réussir ses cours en première année du secondaire. Malgré cette proposition, la direction de l’école a maintenu son refus. Les parents décrivent cette décision comme une exclusion basée sur des critères rigides, sans flexibilité pour les élèves ayant des besoins particuliers. Ils ajoutent que cette rigidité pourrait avoir un impact négatif sur la motivation de leur fils, alors que le sport était justement un levier pour son engagement scolaire. La situation a été vécue comme anxiogène pour Mikko, peu avant la publication de l’article.
L’avocate des parents, Pascale Desrosiers, qualifie la situation de discrimination indirecte en vertu de la Charte des droits et libertés de la personne du Québec. Selon elle, le critère des notes à 70 % appliqué de manière uniforme crée un désavantage pour les élèves comme Mikko, dont les difficultés d’apprentissage (dyslexie) rendent plus difficile l’atteinte de cette moyenne. Elle précise que cette discrimination n’est pas intentionnelle, mais résulte d’une norme objective qui ne tient pas compte des particularités individuelles. La mise en demeure envoyée à l’école et au centre de services scolaire vise à faire reconnaître cette injustice et à obtenir des mesures d’adaptation pour les élèves concernés.
La ministre de l’Éducation du Québec, Sonia LeBel, a récemment demandé aux centres de services scolaires de réduire ou d’éliminer les critères de sélection basés sur les notes pour les projets pédagogiques particuliers (comme les programmes sports-études) dès la rentrée 2027-2028. Les parents de Mikko estiment que cette directive devrait s’appliquer immédiatement, et non dans trois ans, pour éviter que d’autres élèves ne subissent le même sort. Ils espèrent que leur cas servira d’exemple pour encourager les écoles à faire preuve de plus de souplesse et d’ouverture envers les élèves ayant des troubles d’apprentissage ou des rythmes scolaires différents.
Les parents de Mikko ont déposé une plainte au *Protecteur national de l’élève*, qui a été jugée recevable. Une enquête a été ouverte pour examiner leur cas. Le *Centre de services scolaire du Val-des-Cerfs* (CSSVDC) et la *Commission scolaire Eastern Townships* (ETSB), responsables des écoles de la région, ont refusé de s’exprimer sur cette situation, invoquant leur devoir de confidentialité. Les parents, eux, demandent une révision des critères d’admission pour tous les programmes similaires au Québec, afin que les élèves motivés par le sport mais en difficulté scolaire puissent y accéder avec un accompagnement adapté. Ils craignent que des refus comme celui de Mikko n’aggravent le risque de décrochage scolaire.

