Du street art à l’archéologie, Porto se découvre strate après strate
“DE VILLE EN VILLE” (2/5). La deuxième ville du Portugal est faite de lieux emblématiques mais aussi de recoins moins connus des touristes.
Porto, deuxième ville du Portugal, se présente sous deux formes distinctes aux visiteurs. D'un côté, la ville touristique et emblématique, reconnaissable à ses façades colorées, ses tramways longeant le fleuve Douro et ses paysages caractéristiques marqués par les dénivelés. De l'autre, une Porto plus secrète et moins immédiate, qui se révèle à ceux qui prennent le temps d'observer attentivement. Cette version cachée se découvre à travers des détails urbains comme des personnages collés sur des murs étroits, des motifs géométriques ou des azulejos (carreaux de faïence traditionnels portugais) apparus sans autorisation. João Kendall, guide spécialisé dans le street art et la culture urbaine depuis plus de dix ans, considère cette Porto alternative comme une seconde ville au sein de la première, où les murs deviennent des pages d'un livre à déchiffrer.
La Baluarte-Exposição de Arte Urbana est un immeuble de parking transformé en une galerie d'art verticale, marquant l'entrée dans l'univers du street art portuense. Ce projet s'inscrit dans le Programme d'art urbain de Porto (PAU), lancé en 2014 par la municipalité, qui vise à structurer et promouvoir l'art urbain dans la ville. Contrairement à une exposition classique, cette initiative reste non domestiquée, c'est-à-dire qu'elle conserve son caractère spontané et non encadré. Avant l'existence de ce programme, l'art urbain à Porto était déjà présent, mais sans guide ni commissaire d'exposition pour l'organiser. L'œuvre Disconnected, réalisée par Daniela Guerreiro pour la Baluarte 2025, en est un exemple récent, photographiée le 17 avril 2026.
Pour certains, les signatures ou les motifs du street art ne sont que des gribouillis sans signification. Pour d'autres, comme João Kendall, ces éléments forment une véritable langue urbaine, un code à décrypter pour comprendre la ville. Cette approche transforme Porto en un espace de lecture où chaque détail artistique raconte une partie de l'histoire locale. Les œuvres peuvent être des fresques murales, des collages ou des interventions sur des azulejos, comme des carreaux de faïence détournés de leur usage traditionnel. Cette dimension linguistique du street art en fait un outil de communication et d'expression culturelle, accessible à ceux qui savent regarder au-delà des apparences.
João Kendall est un acteur clé de la découverte du street art à Porto. Depuis plus de dix ans, il propose des circuits guidés à travers la ville via la plateforme Porto with Locals, mettant en lumière les œuvres et les histoires qui se cachent derrière elles. Son travail permet aux visiteurs de voir Porto sous un angle différent, en révélant les liens entre l'art urbain et l'identité de la ville. Kendall souligne que cette Porto alternative, faite de signes et de symboles, est une seconde ville qui coexiste avec la Porto touristique. Ses circuits ne se limitent pas à l'art contemporain : ils intègrent aussi des éléments historiques et architecturaux, comme les réservoirs d'eau antiques ou la bibliothèque d'un écrivain.
Público est un quotidien portugais fondé en mars 1990, reconnu pour son originalité et sa modernité dans le paysage médiatique du pays. Inspiré des grands journaux européens, il propose une information de qualité et se distingue par ses suppléments culturels, comme *Ípsilon*, ainsi que par des initiatives destinées aux jeunes lecteurs, comme le supplément *P3*, créé en collaboration avec des étudiants en journalisme de l'université de Porto. Le site du journal se distingue par ses dossiers complets sur des thèmes d'actualité portugais. L'article sur Porto et son street art, traduit du portugais, est un exemple de ce travail de fond, publié le 18 juillet 2026 à 8h30 dans la série d'été *De ville en ville*.

