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Géopolitique

Washington intensifie ses frappes contre l’Iran, Téhéran riposte dans le Golfe

Courrier International · mis à jour il y a 24 j

Américains et Iraniens ont poursuivi leurs attaques mutuelles lundi, Washington annonçant avoir bombardé des « dizaines de cibles » quand Téhéran a dit frapper des bases utilisées par les Etats-Unis en Jordanie, à Bahreïn et au Koweït. Pour la presse internationale, la reprise des violences jette un doute supplémentaire sur l’avenir de l’accord de cessez-le-feu intérimaire entre les deux pays..

Escalade militaire USA-Iran

Les tensions entre les États-Unis et l’Iran se sont intensifiées ce week-end des 12 et 13 juillet 2026, avec des frappes militaires croisées entre les deux pays. L’armée américaine a mené des bombardements dès la nuit du 12 juillet contre des sites iraniens, en réponse à des tirs de Téhéran contre un navire dans le détroit d’Ormuz, une zone stratégique pour le transport maritime. Le commandement central de l’armée américaine (Centcom) a précisé que ces frappes visaient à affaiblir les capacités militaires iraniennes, notamment ses systèmes de défense aérienne, ses radars côtiers, ses missiles et ses drones. Selon le Centcom, des dizaines de cibles ont été touchées, dont des villes situées le long du détroit d’Ormuz, comme Jask, Sirik, l’île de Qeshm et Bandar Abbas, où des explosions ont été signalées. Ces attaques ont également ciblé des régions plus éloignées, comme la ville de Khondab, connue pour abriter des installations liées à la production d’eau lourde, un élément utilisé dans les réacteurs nucléaires.

Bilan humain des frappes

Les frappes américaines ont causé des victimes en Iran. Une personne a été tuée et quatre autres blessées lors d’un bombardement visant la station de pompage d’eau agricole de la ville de Mahchahr, située dans le sud-ouest du pays, dans la province du Khuzestan. Ces attaques ont été confirmées par le gouverneur adjoint pour la sécurité de la région, Valiullah Hayati, cité par l’agence officielle Irna. Par ailleurs, les médias d’État iraniens ont rapporté des explosions dans plusieurs villes, dont Bandar Abbas, une importante base navale située sur le détroit d’Ormuz. Ces frappes surviennent dans un contexte où l’Iran avait déjà annoncé avoir fermé temporairement le détroit, une mesure contestée par les États-Unis, qui affirment que le passage reste ouvert.

Réactions politiques et diplomatiques

L’Iran a fermement condamné les frappes américaines, les qualifiant de violation des termes d’un accord de cessez-le-feu intérimaire signé le mois précédent. Le ministère des Affaires étrangères iranien a accusé les États-Unis d’avoir « réduit à néant tous les efforts de ces derniers mois » pour rétablir la paix dans la région et d’avoir « ouvertement violé quasiment tous les termes » du protocole d’accord conclu en juin 2026. De son côté, le président américain Donald Trump a affirmé dans l’émission Meet the Press sur NBC News que le détroit d’Ormuz restait ouvert et que les États-Unis avaient mené des frappes « comme jamais » la veille. Ces déclarations contradictoires illustrent la dégradation des relations entre les deux pays et la remise en question de l’accord de cessez-le-feu.

Impact sur les pays du Golfe

Les pays du Golfe se retrouvent pris au milieu des tensions entre les États-Unis et l’Iran. En représailles aux frappes américaines, les Gardiens de la Révolution iraniens ont annoncé avoir bombardé des bases militaires utilisées par l’armée américaine en Jordanie, à Bahreïn et au Koweït. Selon l’agence Irna, des attaques ont été menées contre les bases aériennes Prince Hassan en Jordanie, Ali al-Salem et Ahmad al-Jaber au Koweït, ainsi que contre le centre de commandement de drones américain à Bahreïn. Ces frappes élargissent le conflit à une échelle régionale et menacent la stabilité des pays voisins, déjà fragilisés par les tensions géopolitiques dans la zone.

Ce que ça pourrait changer

Le détroit d’Ormuz est un passage maritime vital pour le transport du pétrole mondial. Environ 20 à 30 % du pétrole consommé dans le monde transite par ce détroit, situé entre l’Iran et le sultanat d’Oman. Une fermeture ou une perturbation de ce corridor aurait des conséquences économiques majeures, notamment une hausse des prix de l’énergie. L’Iran, qui contrôle partiellement l’accès à ce détroit, a menacé à plusieurs reprises de le fermer en cas de sanctions ou de pressions accrues. Les États-Unis, qui dépendent aussi de cette route pour leurs approvisionnements énergétiques, ont toujours réagi fermement à toute tentative de restriction. Les violences récentes intensifient la lutte pour le contrôle de ce corridor, essentiel pour l’économie mondiale.

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