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Après avoir dit non, la France entrouvre la porte au FSD de Tesla

Next.ink · mis à jour il y a 13 j

Deux véhicules Tesla équipés du FSD, le dispositif de conduite autonome du constructeur automobile, vont être testés sur route en France. Le ministre des Transports, Philippe Tabarot, avait pourtant dit non au FSD en juillet ; une discussion avec Elon Musk a arrondi les angles.

Retournement politique

En juillet 2026, Philippe Tabarot, ministre français des Transports, avait refusé l’autorisation du système FSD (Full Self-Driving, ou conduite quasi autonome) de Tesla en France. Il invoquait notamment des risques liés à un dépassement de 50 % des limites de vitesse autorisées par le système et des doutes sur la capacité des conducteurs à rester attentifs. Cependant, après un échange avec Elon Musk le 2 septembre 2026, le ministre a changé d’avis. Il a annoncé que deux véhicules équipés du FSD pourraient désormais circuler en France pour des essais sur route, marquant une ouverture progressive à cette technologie. Cette décision s’inscrit dans un cadre de confiance, avec une homologation prévue au niveau européen d’ici 2027.

FSD : un système controversé

Le FSD de Tesla est un système de conduite assistée de niveau 2, ce qui signifie qu’il peut prendre en charge certaines tâches de conduite (comme le maintien de voie ou les changements de voie), mais exige que le conducteur reste attentif et prêt à reprendre le contrôle à tout moment. En juillet 2026, le ministre français avait souligné que le FSD permettait parfois aux véhicules de dépasser de 50 % les limites de vitesse autorisées, un point jugé dangereux. Tesla a depuis travaillé avec les autorités françaises pour adapter ce système aux normes locales, tout en fournissant des données sur son efficacité. Le constructeur affirme que son système réduit les collisions majeures de 40 à 69 % et les collisions mineures de 48 à 59 % par rapport aux systèmes d’aide à la conduite classiques.

Homologation européenne en vue

Tesla pousse pour une homologation du FSD à l’échelle de l’Union européenne, avec un vote prévu le 6 octobre 2026 au sein du comité technique européen (TCMV). Actuellement, le système n’est autorisé que dans cinq pays européens (Pays-Bas, Danemark, Belgique, Estonie, Lituanie). Pour obtenir cette homologation, Tesla a demandé cinq dérogations au règlement européen UNECE R171.01, qui encadre les fonctions de conduite assistée. Parmi ces demandes figure la possibilité de dépasser temporairement les limites de vitesse en fonction du trafic. Le constructeur a publié un dossier de preuves le 1er septembre 2026, incluant des statistiques sur la réduction des événements inopportuns (freinages d’urgence, accélérations brusques) et des taux de collision inférieurs à ceux des systèmes homologués.

Cybercab : le robotaxi sans volant

Tesla teste depuis peu son Cybercab, un robotaxi sans volant ni pédales, déjà en circulation à Austin (Texas) depuis le 4 septembre 2026. Ce véhicule, présenté en octobre 2024, marque une étape vers une autonomie totale. Tesla revendique une flotte de 420 véhicules enregistrés à Austin, dont environ 200 robotaxis sans chauffeur en exploitation dans six villes du Texas et de Floride. Cependant, cette initiative a suscité l’attention de la NHTSA (l’agence américaine de sécurité routière), qui a ouvert une enquête le 5 septembre 2026 pour vérifier si le Cybercab respecte les normes fédérales. En effet, ce véhicule ne dispose d’aucune commande manuelle, ce qui pose question sur sa conformité aux règles actuelles, conçues pour des conducteurs humains.

Réglementation américaine en mutation

Aux États-Unis, les constructeurs peuvent auto-certifier leurs véhicules, c’est-à-dire déclarer eux-mêmes leur conformité aux normes sans validation préalable systématique. Cependant, la NHTSA peut enquêter a posteriori et imposer des modifications si nécessaire. Dans le cas du Cybercab, l’agence demande à Tesla de justifier techniquement comment le véhicule respecte les normes, notamment celles concernant les commandes manuelles (frein, pédales, éclairage, etc.). La NHTSA est en train de moderniser ces règles pour les véhicules autonomes, mais les anciennes normes restent applicables jusqu’à leur remplacement. Tesla a donc anticipé les nouvelles règles, mais cette approche pourrait entraîner des ajustements imposés par l’agence.

Ce que ça pourrait changer

Tesla n’est pas le seul constructeur à avoir auto-certifié un véhicule sans volant ni pédales. En 2022, Zoox (filiale d’Amazon) avait fait de même avec son propre robotaxi, déclenchant une enquête similaire de la *NHTSA*. Contrairement à Tesla, Zoox a finalement obtenu l’autorisation de lancer un service commercial payant à Las Vegas en juillet 2026. Cette comparaison montre que le processus réglementaire peut aboutir à des résultats différents selon les constructeurs, même pour des véhicules aux caractéristiques comparables. Tesla pourrait donc suivre une trajectoire similaire, mais rien n’est garanti pour l’instant.

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