Pont de Gênes : un ex-dirigeant de la société d’autoroutes condamné à 12 ans de prison
L'effondrement du pont Morandi de Gênes le 14 août 2018 a provoqué la mort de 43 personnes..
Le 14 août 2018, à 11 h 36, sous une pluie battante, le pont Morandi, un viaduc autoroutier situé à Gênes en Italie, s’est effondré. Cet ouvrage d’art, qui reliait l’Italie à la France, s’est brisé en deux, entraînant dans sa chute des dizaines de véhicules. La catastrophe a causé la mort de 43 personnes, ce qui en fait l’une des pires tragédies liées aux infrastructures en Italie. Les images de l’effondrement, diffusées dans le monde entier, ont marqué les esprits et révélé l’état préoccupant des infrastructures de transport dans le pays.
Le 16 juillet 2026, le tribunal de Gênes a rendu son verdict dans l’affaire de l’effondrement du pont Morandi. Trente-deux accusés, principalement d’anciens cadres de la société d’autoroutes Autostrade per l’Italia (Aspi), gestionnaire du viaduc, ont été reconnus coupables. Parmi eux, Giovanni Castellucci, l’ex-directeur général de Aspi, a écopé de 12 ans de prison ferme. D’autres peines, allant jusqu’à 12 ans, ont été prononcées contre les autres accusés. Castellucci, déjà incarcéré pour un autre accident mortel survenu en 2013, a déclaré aux juges : « Je me sens responsable, mais pas coupable », malgré les conclusions accablantes des magistrats.
L’enquête a révélé que le pont Morandi n’avait pas bénéficié des interventions de maintenance minimales nécessaires pendant ses 51 ans d’existence, de son inauguration en 1967 jusqu’à son effondrement en 2018. Les câbles du pilier numéro 9, qui s’est affaissé lors de la catastrophe, n’avaient jamais été renforcés, alors que des travaux avaient été réalisés sur deux piliers identiques, les numéros 10 et 11. Des travaux étaient même prévus sur le pilier 9, mais ils n’ont jamais été effectués. Les magistrats ont pointé du doigt la société Aspi, accusée d’avoir privilégié les économies au détriment de la sécurité des infrastructures.
La société Autostrade per l’Italia (Aspi), gestionnaire du pont Morandi, est au cœur de cette affaire. Elle a été accusée d’avoir failli à ses obligations d’entretien pour réaliser des profits. Les enquêtes ont montré que la fragilité des câbles était connue depuis des années, mais que les travaux de renforcement avaient été reportés ou négligés. Aspi, qui exploitait l’autoroute reliant l’Italie à la France, a ainsi été pointée du doigt pour son rôle dans la catastrophe. Cette affaire a mis en lumière les dysfonctionnements dans la gestion des infrastructures en Italie et les conflits d’intérêts entre les entreprises privées et l’intérêt public.
L’effondrement du pont Morandi a eu des répercussions majeures en Italie. Deux ans après la catastrophe, en 2020, un nouveau pont a été inauguré à Gênes pour remplacer l’ancien viaduc. Cette tragédie a également servi d’électrochoc pour les autorités italiennes, qui ont depuis renforcé les contrôles sur les infrastructures et les sociétés chargées de leur entretien. Cependant, le procès et les condamnations de 2026 soulignent aussi les lenteurs de la justice et les difficultés à faire assumer pleinement leurs responsabilités aux acteurs économiques et politiques impliqués.

