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Environnement

Dans le sud du Liban, les oliviers au cœur de la guerre avec Israël : «En perdre un

Vert.eco · mis à jour il y a 10 j

Dans le sud du Liban, l’armée israélienne empêche des habitants d’accéder à leurs terres, et est accusée par les habitant·es, secouristes et ONG de brûler, détruire et arracher des oliveraies. Au-delà des pertes agricoles, c’est tout un lien à la terre, transmis de génération en génération, qui est fragilisé..

Contexte géopolitique

Depuis le 2 mars 2026, le sud du Liban est le théâtre d’un conflit armé entre le Hezbollah, un parti politique chiite libanais doté d’une milice armée et soutenu par l’Iran, et Israël. Cette escalade a causé plus de 4 000 morts et 16 000 blessés au Liban et en Israël, ainsi que le déplacement forcé de plus d’un million de personnes. Bien qu’un cessez-le-feu officiel ait été signé le 17 avril 2026, Israël maintient une occupation militaire d’au moins 600 kilomètres carrés au Liban, où des attaques quotidiennes continuent de raser des villages entiers. Des experts de l’ONU ont alerté en avril 2026 sur des risques de nettoyage ethnique en raison des destructions systématiques et des déplacements forcés massifs dans la région.

Symbolique des oliviers

Dans cette région, les oliviers ne sont pas seulement des arbres fruitiers, mais des symboles profonds de paix, d’histoire et d’identité pour les Libanais. Certains oliviers ont plusieurs siècles, voire des millénaires, et représentent la transmission d’un savoir-faire agricole de génération en génération. Pour les habitants, perdre un olivier équivaut à perdre une partie de leur mémoire collective et de leur lien à la terre. Rose Becharra, productrice d’huile d’olive, résume cette importance en déclarant : En perdre un, c’est perdre une part de notre histoire, de notre identité et de notre lien à la terre.

Impact économique

La saison des olives est cruciale pour les familles libanaises du sud, car elle représente une source majeure de revenus. Un bidon d’huile d’olive (environ 150 dollars, soit 128 euros) permet de couvrir les dépenses des mois suivants, comme l’alimentation, le chauffage ou l’éducation des enfants. Cependant, la récolte est gravement menacée par l’occupation israélienne. Selon une évaluation conjointe de la FAO et du ministère libanais de l’agriculture, 742 hectares d’oliviers doivent être replantés ou réhabilités, pour un coût estimé à 21,5 millions de dollars (18 millions d’euros). Les pertes de récolte concernent 24 936 hectares, soit environ 307 millions de dollars (262 millions d’euros) de pertes pour les agriculteurs.

Méthodes de destruction

Les oliviers et autres arbres fruitiers sont délibérément détruits par l’armée israélienne selon plusieurs méthodes. Des bulldozers rasent les parcelles, des incendies volontaires ravagent les forêts et les cultures, et des arbres centenaires sont arrachés et emportés. Entre fin juillet et début août 2026, 500 à 600 oliviers centenaires ont été volés dans le village de Zaoutar El Charqiye, selon le maire Mohamed Ismaïl. Les habitants accusent Israël de mener une politique d’écocide, visant à rendre les terres inhabitables. Les conventions de Genève et le Statut de Rome de 1998 qualifient ces actes de crimes de guerre lorsqu’ils causent des dommages étendus, durables et graves à l’environnement.

Témoignages locaux

Les habitants de Halta, un village frontalier à majorité sunnite, vivent sous la menace constante des incursions israéliennes. Loubna Saleh, une mère de famille, montre du doigt les terres occupées où se trouvent ses oliviers, désormais interdites d’accès. Elle déclare : L’armée israélienne nous interdit de nous rendre sur notre propre terre. Fadi Shebli, un agriculteur, a été menacé alors qu’il plantait des oliviers sous la surveillance de la FINUL (Force intérimaire des Nations Unies au Liban). Ferial Abdel Aal, 43 ans, a perdu 120 oliviers et figuiers, rasés par une pelleteuse israélienne. Trois agriculteurs de Halta ont été enlevés en mai 2026, et leurs familles n’ont toujours aucune nouvelle.

Réactions internationales

Le gouvernement libanais, plusieurs ONG et des habitants accusent Israël de mener une politique d’effacement systématique, visant non seulement à détruire le paysage, mais aussi à rompre le lien entre les communautés et leur terre. Hisham Younes, président de l’ONG Green Southerners, explique : Il s’agit d’une pratique plus large d’effacement : pas seulement la destruction physique du paysage, mais aussi le fait de rompre progressivement le lien entre les communautés et leur terre. Le Liban espère que la Cour pénale internationale (CPI) condamnera Israël pour ces actes, en s’appuyant sur le Statut de Rome, qui criminalise les attaques disproportionnées contre l’environnement.

Ce que ça pourrait changer

Les municipalités locales, comme celle de Kfar Chouba, ont demandé à l’ONU et au mécanisme de contrôle du cessez-le-feu l’autorisation d’accéder aux oliveraies pour les récoltes entre le 1er septembre et le 15 octobre 2026. Cependant, aucune réponse n’a encore été reçue de la part d’Israël. Les habitants espèrent que cette saison des olives leur permettra de récolter une partie de leurs arbres, malgré les obstacles. Loubna Saleh, depuis son jardin, garde un œil sur la colline d’en face, où ses oliviers restent debout mais inaccessibles. Elle déclare : *J’espère un jour pouvoir transmettre ces terres à mes enfants*.

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