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Géopolitique

Le gouvernement Trump accentue sa “chasse aux sorcières” contre les antifas

Courrier International · mis à jour il y a 27 j

Le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, a invité une soixantaine de ministres étrangers à venir à Washington assister à une réunion sur la résurgence d’une menace terroriste transnationale d’extrême gauche. Une initiative qui a mis mal à l’aise certains alliés de l’Amérique, rapporte “The Washington Post”..

Réunion internationale

Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a invité des responsables politiques de plus de soixante pays à une réunion au sommet prévue le 16 juillet 2026 à Washington. L’objectif affiché est de discuter de la « résurgence d’une menace terroriste transnationale d’extrême gauche ». Cette initiative, rapportée par The Washington Post, suscite des réactions contrastées. Certains alliés européens, ainsi que des officiels du gouvernement américain, notamment au ministère de la Justice et au conseil juridique de la Maison-Blanche, expriment leur consternation face à cette approche. Ils ne partagent pas la vision d’une menace terroriste majeure émanant de cette mouvance. En revanche, d’autres acteurs au sein de l’administration Trump, comme Sebastian Gorka, responsable de la lutte antiterroriste, soutiennent fermement cette réunion.

Antifas : une mouvance diverse

Le terme antifa ne désigne pas une organisation structurée, mais plutôt un ensemble de militants unis par leur opposition au fascisme et à l’extrême droite. Ces groupes, souvent décentralisés, agissent de manière autonome et ne forment pas une entité centralisée. Leur mode d’action inclut des manifestations, des actions directes et une opposition systématique aux groupes d’extrême droite. Le gouvernement Trump cherche à les qualifier de « terrorisme étranger » pour justifier des poursuites contre des militants américains. Cette stratégie vise à étendre les outils du contre-terrorisme, comme la surveillance, aux activistes locaux. Cependant, cette approche est contestée, car elle pourrait s’appliquer à des mouvements variés, y compris des groupes non violents.

Propositions controversées

Plusieurs figures clés de l’administration Trump, dont Sebastian Gorka et Stephen Miller, chef de cabinet adjoint de la Maison-Blanche, prônent l’utilisation de mesures strictes contre les antifas. Lors d’une table ronde en 2025, Stephen Miller a suggéré de classer les antifas comme une organisation terroriste étrangère, affirmant qu’il existait des « liens solides avec l’étranger ». Tommy Pigott, porte-parole du département d’État, a justifié l’organisation de la réunion par la « menace ancienne mais renaissante » du terrorisme d’extrême gauche, évoquant des « liens transnationaux et de nouvelles convergences ». Ces propositions visent à renforcer les moyens d’enquête et de répression contre les militants américains.

Risques de précédent

L’utilisation de la qualification de « terrorisme étranger » pour désigner les antifas pourrait créer un dangereux précédent. Des membres de l’administration américaine craignent que cette stratégie ne soit reprise par un futur président démocrate pour cibler des militants conservateurs. Cette inquiétude repose sur le fait que les outils du contre-terrorisme, une fois légitimés, pourraient être détournés pour des usages politiques. Par exemple, la mise sous surveillance ou des poursuites judiciaires pourraient être appliquées à des mouvements opposés au gouvernement, quel que soit leur bord politique. Cette crainte souligne les risques d’une instrumentalisation des lois antiterroristes.

Ce que ça pourrait changer

La réunion prévue en juillet 2026 illustre les tensions au sein du gouvernement américain et entre les États-Unis et leurs alliés européens. Alors que certains pays soutiennent la lutte contre les antifas, d’autres, comme les Pays-Bas, voient cette initiative comme une extension de la guerre menée par les droites européennes contre le mouvement antifa. Aux États-Unis, la violence politique est devenue un phénomène « presque quotidien », selon l’article, ce qui ajoute une urgence à la discussion. Cependant, la légitimité de cette approche reste débattue, notamment en raison des risques de dérive autoritaire et de l’absence de consensus sur la nature réelle de la menace.

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