"The Social Reckoning " ou le faux semblant de la contestation
"The Social Reckoning " un film décevant où Aaron Sorkin fait de Zuckerberg un anti-héros au lieu d'un vrai responsable de ses actes. Un manque de courage qui affaiblit la portée politique du combat de Frances Haugen..
Le film The Social Reckoning, écrit et réalisé par Aaron Sorkin, est présenté comme une fiction explorant les dérives de Facebook et le rôle de Mark Zuckerberg. Sorti en octobre 2026, il déçoit selon l’article, car il manque de profondeur politique malgré des thèmes majeurs comme le scandale Cambridge Analytica (2018) ou l’assaut du Capitole en 2020, tous deux liés à l’influence des réseaux sociaux. Le récit se concentre sur Frances Haugen, une employée de Facebook devenue lanceuse d’alerte, et son échange avec un journaliste du Wall Street Journal. Le film est jugé « plat » et peu instructif, ne transcendant pas la réalité. L’article souligne que, malgré son ambition contestataire, l’œuvre évite de critiquer frontalement Zuckerberg, préférant en faire un anti-héros dépassé plutôt qu’un responsable de ses actes.
Aaron Sorkin présente Mark Zuckerberg comme un anti-héros, un personnage tragique submergé par son propre réseau social plutôt que comme un acteur cynique et responsable. Cette approche est critiquée dans l’article, car elle minimise la responsabilité de Zuckerberg dans les dérives de Facebook. L’article rappelle que Facebook, initialement nommé Facemash en 2003, avait pour objectif de comparer les étudiantes de Harvard selon leur apparence physique, révélant une misogynie originelle. Par ailleurs, Zuckerberg a récemment tenu des propos controversés, comme son appel à une société plus « énergique et agressive » lors d’un entretien avec Joe Rogan, ou la suppression de programmes de vérification des faits (fact checking), favorisant ainsi la propagation de désinformation. Le film, en évitant de montrer Zuckerberg comme un « méchant », affaiblit selon l’auteur la portée politique du combat de Frances Haugen.
Frances Haugen, employée de Facebook spécialisée dans l’éthique des technologies, incarne dans le film la figure de la lanceuse d’alerte. Son parcours est présenté comme une prise de conscience progressive : d’abord convaincue de rendre le monde meilleur grâce à son travail, elle découvre que ses algorithmes contribuent à créer des « meilleurs des mondes » à la manière d’Aldous Huxley, c’est-à-dire des univers virtuels manipulateurs. Elle décide alors de risquer sa carrière en divulguant des documents internes à un journaliste du Wall Street Journal, incarnant ainsi une résistance face à la puissance de Facebook. Le film met en avant son combat, qu’elle résume par la nécessité de « frapper fort » pour dénoncer les dérives de l’entreprise. Cependant, l’article souligne que ce récit héroïque est affaibli par le traitement trop indulgent réservé à Zuckerberg.
L’article rappelle que Facebook a été au cœur de plusieurs scandales majeurs. Le scandale Cambridge Analytica (2018) a révélé l’utilisation des données personnelles de millions d’utilisateurs à des fins de manipulation politique, notamment pour la campagne de Donald Trump en 2016. En 2020, des algorithmes de Facebook ont été accusés d’avoir amplifié la désinformation et les discours de haine, contribuant à l’assaut du Capitole par des partisans de Donald Trump le 6 janvier 2021. Ces événements ont mis en lumière l’influence des réseaux sociaux sur la démocratie et la société. Malgré ces enjeux colossaux, le film The Social Reckoning est jugé incapable de refléter leur ampleur, offrant une vision édulcorée des responsabilités en jeu.
Le film *The Social Reckoning* est sorti en octobre 2026, soit 15 ans après *The Social Network* (2010), également écrit par Aaron Sorkin et réalisé par David Fincher. Ce premier film explorait la création de Facebook par Mark Zuckerberg, alors étudiant à Harvard, avec une approche plus subtile et intense. En 2026, le contexte a radicalement changé : Facebook est devenu un géant tentaculaire dont l’impact sur la démocratie et la société est considéré comme majeur. Pourtant, le nouveau film est perçu comme une déception par l’auteur de l’article, qui souligne son manque de courage politique et sa faiblesse narrative. Le film est diffusé dans un contexte où les enjeux des réseaux sociaux sont plus que jamais au cœur des débats publics.

