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Le déclin de la recherche en français préoccupe-t-il les politiciens?

Le Devoir · mis à jour 9 sept.

Les chercheurs consultés cet été par l’Acfas souhaitent que l’on prête attention au savoir..

Recherche en français en déclin

Une étude récente de l’Acfas, une association fondée en 1923 qui promeut la recherche scientifique en français, révèle un déclin préoccupant de la recherche publiée en français au Québec et au Canada. Ce phénomène s’accompagne d’un sous-financement chronique des projets de recherche, ce qui limite la capacité des chercheurs à mener leurs travaux. Par exemple, des chercheurs en début de carrière, comme les étudiants à la maîtrise ou au doctorat, peinent à joindre les deux bouts, au point que certains abandonnent leur parcours avant même d’avoir publié leurs résultats. L’Acfas a mené une consultation en 2026 auprès d’environ 80 personnes du milieu de la recherche pour documenter cette situation, dans le cadre d’une campagne électorale québécoise. Le document final, intitulé Pour un Québec qui croit en sa science, souligne que ce déclin menace la production de connaissances utiles pour la société québécoise à court et long terme.

Conséquences sur l'économie

Le manque de recherches diffusées en français a des répercussions concrètes sur l’économie québécoise, notamment pour les petites et moyennes entreprises (PME). Ces entreprises dépendent souvent de connaissances locales pour innover, par exemple en améliorant leurs technologies ou leurs pratiques de gestion. Or, la majorité des découvertes scientifiques sont publiées en anglais, ce qui limite l’accès des PME québécoises à ces savoirs. Isabelle Lacroix, professeure à l’Université de Sherbrooke, explique que les entreprises n’ont accès qu’à une infime partie des résultats de recherche, ceux qui sont traduits ou publiés en français. Ce phénomène freine le développement économique du Québec, car il prive les entreprises d’outils pourtant développés par des chercheurs locaux. L’Acfas insiste sur la nécessité de préserver la capacité du Québec à produire et diffuser des savoirs en français pour soutenir son économie.

Précarité des chercheurs en herbe

Les étudiants aux cycles supérieurs (maîtrise et doctorat) vivent une précarité financière « très palpable », selon Justine-Anne Rowell, directrice générale de l’organisme Thèsez-vous?, qui accompagne ces chercheurs. Beaucoup d’entre eux doivent cumuler un emploi rémunéré avec leurs études pour subvenir à leurs besoins, ce qui allonge la durée de leurs recherches ou les pousse à abandonner. Cette situation découle notamment d’un manque de financement public adéquat. Par exemple, les bourses octroyées sont souvent insuffisantes pour couvrir les frais de vie, ce qui force les étudiants à se tourner vers des emplois non liés à leur domaine. L’Acfas souligne que cette précarité menace la capacité du Québec à former et retenir les talents scientifiques, au détriment de la société dans son ensemble. L’association demande une augmentation des bourses et un meilleur soutien en santé mentale pour ces chercheurs.

Rôle des politiciens questioned

L’Acfas s’interroge sur l’engagement des politiciens québécois face à ce déclin. Pour la première fois, l’association a mené une consultation en amont d’une campagne électorale, en 2026, afin d’influencer le débat public. Le document Pour un Québec qui croit en sa science contient 23 propositions pour inverser la tendance, comme l’augmentation du financement public et la création de mesures incitatives pour la recherche en français. Sophie Montreuil, directrice générale de l’Acfas, rappelle que « ce n’est pas l’intelligence artificielle qui fera ces recherches » scientifiques, soulignant l’importance de soutenir les chercheurs humains. L’association espère que le prochain gouvernement, élu le 5 octobre 2026, prendra des mesures concrètes pour résoudre ce problème, car la recherche en français est essentielle pour produire des connaissances ancrées dans les réalités québécoises et utiles à la société.

Ce que ça pourrait changer

Pour contrer le déclin de la recherche en français, l’Acfas propose plusieurs solutions dans sa feuille de route. Parmi elles, on trouve l’augmentation du financement public dédié à la recherche en français, ainsi que des mesures incitatives pour encourager les chercheurs à publier dans cette langue. L’association demande également une bonification des bourses pour les étudiants aux cycles supérieurs, afin de réduire leur précarité financière. Elle souligne aussi l’importance de soutenir les ressources en santé mentale pour ces chercheurs, souvent soumis à une pression importante. Enfin, l’Acfas insiste sur la nécessité de rendre les résultats de recherche plus accessibles en français, notamment pour les PME québécoises. Ces propositions visent à renforcer la capacité du Québec à produire, diffuser et mobiliser des savoirs en français, au bénéfice de toute la société.

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