NapseflowNapseflow
Culture

Guerre au Soudan : une information de plus en plus réduite

France Culture - Savoirs · mis à jour il y a 21 j

Depuis trois ans, le Soudan est en proie à un conflit entre les Forces armées soudanaises et les RSF, un groupe paramilitaire. Il est aujourd'hui quasiment impossible pour les journalistes d'entrer dans les zones contrôlées par les RSF, à moins d'y aller pour une ONG..

Conflit au Soudan

Le Soudan est en guerre depuis trois ans entre deux forces principales : les Forces armées soudanaises (l’armée régulière du pays) et les RSF (Forces de soutien rapide), un groupe paramilitaire. Ce conflit, qui dure depuis 2023, est peu médiatisé en Occident, notamment parce que les zones contrôlées par les RSF sont inaccessibles aux journalistes internationaux. Les RSF, initialement créées comme une milice, sont aujourd’hui engagées dans des combats violents contre l’armée régulière, avec des affrontements qui s’étendent sur plusieurs fronts. Les violences touchent particulièrement l’ouest du Soudan, notamment la région du Darfour, où des crimes contre les civils sont documentés. Les RSF sont accusées de violations des droits humains, mais leur accès limité aux médias rend difficile la vérification des informations.

Accès des journalistes

Il est aujourd’hui presque impossible pour les journalistes étrangers d’entrer dans les zones contrôlées par les RSF, sauf s’ils sont accompagnés par une organisation humanitaire comme Médecins sans Frontières. Même les demandes d’accès direct sont systématiquement refusées. Les journalistes soudanais, bien qu’ils puissent encore travailler, subissent des pressions croissantes : intimidations, arrestations et risques pour leur sécurité. Alexis Huguet, photoreporter indépendant ayant travaillé pour l’AFP, explique que les tentatives d’infiltration par la presse internationale ont toutes échoué. Cette restriction de l’accès à l’information aggrave l’oubli médiatique du conflit, qui se réduit mois après mois.

Conséquences humanitaires

Le conflit a provoqué une crise humanitaire majeure. Plus d’un million de Soudanais ont fui vers le Tchad voisin, où les conditions de vie sont précaires. Les villes comme Al-Genaïna, dans l’ouest du Soudan, portent encore les stigmates des combats de 2023 : bâtiments détruits, véhicules calcinés et routes désertes. Les infrastructures médicales sont fortement touchées, avec des hôpitaux endommagés par des frappes de drones et des attaques. Médecins sans Frontières, qui a envoyé Alexis Huguet sur place, documente ces destructions et l’accès limité aux soins. Les populations locales subissent aussi des violences quotidiennes, avec des check-points armés omniprésents, rendant toute circulation dangereuse.

Désintérêt médiatique

Plusieurs facteurs expliquent la faible couverture médiatique du conflit au Soudan. D’abord, l’accès extrêmement restreint aux zones de combat limite la production de reportages. Ensuite, les médias occidentaux semblent moins intéressés par les conflits en Afrique, comparés à d’autres crises internationales. Alexis Huguet souligne un « désintérêt global » de la presse pour cette guerre, malgré son ampleur. Cette absence de couverture aggrave l’isolement des populations locales et réduit la pression internationale pour une résolution du conflit. Pourtant, les témoignages et les expositions, comme celle intitulée « Ce qu’il reste des vivants, atrocités de masse au Darfour » à Bayeux, rappellent l’urgence de la situation.

Ce que ça pourrait changer

Jusqu’au 25 octobre 2026, une exposition à Bayeux (Calvados) met en lumière les atrocités commises au Darfour. Intitulée *« Ce qu’il reste des vivants, atrocités de masse au Darfour »*, elle est organisée en partenariat avec Médecins sans Frontières. Les photographies exposées, prises par des journalistes comme Alexis Huguet, Jérôme Tubiana et Thibaut Fendler, montrent les conséquences du conflit sur les civils : villages détruits, déplacements massifs et conditions de vie précaires. Ces images visent à sensibiliser le public français à une guerre souvent oubliée. L’exposition s’inscrit dans le cadre du *Prix Bayeux Calvados-Normandie des correspondants de guerre*, qui récompense chaque année des reportages sur les conflits.

Sujets complémentaires

Ce contenu a été généré par intelligence artificielle à partir de l'article source. Il peut contenir des erreurs ou imprécisions.