Comment Donald Trump s’enrichit, ainsi que ses proches
Depuis sa victoire en 2024, le président américain met à profit son influence et les outils de la politique commerciale américaine pour faire avancer ses propres intérêts – et enrichir ses proches. L’article Comment Donald Trump s’enrichit, ainsi que ses proches, en monnayant sa présidence au profit d’autres pays est apparu en premier sur Le Grand Continent..
En 2025, Donald Trump a déclaré 2,2 milliards d’euros de revenus, soit une hausse de 250 % en un an. Cette fortune provient principalement des activités liées aux cryptomonnaies de sa famille et de son entreprise, la Trump Organization. Parmi ces revenus, 1,4 milliard d’euros proviennent des projets crypto, dont 635 millions liés au memecoin $TRUMP et plus de 500 millions de la plateforme World Liberty Financial (WLF), créée par ses fils Don Jr. et Eric Trump, ainsi que par les fils de Steve Witkoff, un proche de la famille. Ces chiffres illustrent une croissance spectaculaire, mais soulèvent des questions sur l’origine de ces fonds et leur lien avec les fonctions officielles de Trump.
Les Émirats arabes unis (EAU) ont joué un rôle clé dans le succès de World Liberty Financial (WLF). Le 16 janvier 2025, juste avant l’investiture de Trump, le fonds émirati Aryam Investment 1 – lié au conseiller à la Sécurité nationale émirati Tahnoun ben Zayed Al Nahyane – a acquis 49 % de WLF pour 500 millions d’euros. Quelques mois plus tard, un autre fonds émirati, MGX, soutenu par Al Nahyane, a investi 2 milliards d’euros dans la plateforme d’échange Binance en utilisant le stablecoin USD1 de WLF. Ces transactions ont coïncidé avec des accès privilégiés accordés par les États-Unis aux EAU, notamment pour des puces d’intelligence artificielle et la reprise de l’application TikTok aux États-Unis, où MGX détient désormais 15 % du capital.
Donald Trump aurait utilisé les outils de la politique commerciale américaine pour servir ses propres intérêts financiers. Par exemple, une entreprise sud-coréenne, Base Group, dont la maison mère contestait les tarifs douaniers imposés par la Maison-Blanche, a versé 2 millions d’euros à Trump Acquisition, LLC, une holding de Trump, sous prétexte de « frais de développement non remboursables » pour un projet de golf. De même, au Vietnam, un complexe de golf de 1,5 milliard d’euros porté par la famille Trump a bénéficié d’une accélération administrative, malgré des tarifs douaniers élevés (46 %) imposés par les États-Unis. Un document indique que ce projet a reçu une « attention spéciale » de l’administration Trump.
Les fils de Donald Trump, Don Jr. et Eric, ont également tiré profit de la présidence de leur père. Ils ont reçu l’équivalent de 7 millions d’euros en parts de l’entreprise Dominari, où ils occupent des postes de conseillers rémunérés. Peu après, Dominari a acquis 20 % d’une entité kazakhe exploitant l’un des plus grands gisements de tungstène au monde. Cette acquisition est intervenue quelques jours avant la signature d’un accord entre Washington et Astana, permettant à l’entreprise américaine Kaz Resources d’accéder à ce gisement. Ces éléments suggèrent une possible influence de la présidence sur des décisions économiques étrangères.
En 2025, Donald Trump a perçu au moins 117 millions d’euros de paiements directs en provenance de sources étrangères. Ce montant est proche de la totalité des revenus étrangers enregistrés pendant son premier mandat (149 millions d’euros). Cependant, ces chiffres ne reflètent pas l’ensemble des accords potentiellement liés à son rôle de président, qui aurait pu servir de levier d’influence. Par exemple, le Board of Peace, une organisation censée gérer des fonds pour la reconstruction de Gaza, ne dispose d’aucun argent sur son compte officiel à la Banque mondiale, bien que des dons aient été confirmés par le Maroc et les Émirats arabes unis.
Depuis janvier 2026, les États-Unis contrôlent le secteur pétrolier vénézuélien et ont perçu plus de 13 milliards d’euros de revenus issus des ventes de pétrole. Pourtant, aucune comptabilité publique n’a été rendue sur l’emplacement de ces fonds. Cette opacité contraste avec les exigences de transparence habituellement appliquées aux fonds publics. Le président Trump, qui supervise officiellement ces revenus via le *Board of Peace*, dispose d’un deuxième compte non transparent géré par *J.P. Morgan*, une banque soumise à des règles moins strictes en matière de divulgation financière.

