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Laurent Stocker, le caméléon de la Comédie-Française 3/5 : Un insatiable appétit de jeu

France Culture - Savoirs · mis à jour il y a 29 j

Entre trac, discipline et grands écarts de registres, comment Laurent Stocker conçoit son métier de comédien, du rire construit en coulisses à la fidélité à certains rôles rejoués vingt ans plus tard..

Un parcours éclectique

Laurent Stocker, comédien à la Comédie-Française, est reconnu pour sa capacité à incarner des rôles très variés, allant du tragique au comique. Son répertoire inclut des personnages comme Néron dans Britannicus de Racine, Covielle dans Le Bourgeois gentilhomme de Molière, ou encore Arturo Ui dans la pièce de Brecht. Il puise son inspiration dans les grands noms de la comédie française, comme Louis de Funès et Michel Serrault, tout en explorant des registres opposés. Cette polyvalence lui a valu des distinctions, comme le Molière du comédien dans un second rôle en 2026 pour Les Femmes savantes. Son jeu repose sur une discipline physique exigeante, avec jusqu’à deux cents représentations par saison, même en cas de maladie ou de deuil. Stocker souligne que son approche s’inspire de la méthode Stanislavski, qui privilégie l’écoute et l’échange avec les partenaires pour construire un personnage.

La gestion du trac

Avant chaque représentation, Laurent Stocker affronte un trac important, qu’il canalise en écoutant des musiques variées, comme les œuvres de Bach ou des mélodies japonaises traditionnelles. Une fois sur scène, il parvient à transformer cette tension en une énergie maîtrisée, refusant de jouer sur le rire facile ou les effets spectaculaires. Il s’appuie sur une conviction : le comique naît du sérieux du jeu, et non de l’acteur lui-même. Cette approche est illustrée par sa citation d’Edward Bond, pour qui le comique et le tragique ne sont « séparés que de quelques heures ». Cette philosophie guide sa préparation, où la rigueur et la concentration priment sur toute forme de facilité.

L’évolution des rôles

Laurent Stocker a la particularité de rejouer certains rôles des décennies après leur création, avec un regard neuf. Par exemple, il a incarné Covielle dans Le Bourgeois gentilhomme en 2001, puis Ruy Blas dans la pièce de Victor Hugo en 2026, soit vingt-cinq ans plus tard. Cette expérience lui permet d’observer l’évolution de son interprétation, enrichie par l’expérience et le temps. Parmi les rôles qui l’ont marqué, il cite Figaro dans Le Mariage de Figaro de Beaumarchais, Arturo Ui dans la pièce de Brecht, Vania dans Oncle Vania de Tchekhov, et Antoine dans Juste la fin du monde de Jean-Luc Lagarce. Ces personnages, aux registres variés, témoignent de sa capacité à s’adapter et à approfondir son jeu au fil des années.

Une discipline exigeante

Le métier de comédien à la Comédie-Française exige une discipline rigoureuse, tant sur le plan physique que mental. Laurent Stocker évoque la nécessité de jouer jusqu’à deux cents fois par saison, malgré les contraintes comme la maladie ou le deuil. Cette endurance s’accompagne d’une préparation minutieuse, où chaque détail compte, des répétitions aux ajustements en cours de représentation. Son approche, inspirée du théâtre stanislavskien, repose sur l’écoute active et la collaboration avec ses partenaires. Cette rigueur lui permet de maintenir un niveau de performance constant, tout en explorant des registres dramatiques et comiques avec la même intensité. Son engagement se reflète aussi dans les distinctions reçues, comme le Prix Beaumarchais du meilleur comédien en 2017 pour son interprétation d’Arturo Ui.

Ce que ça pourrait changer

Laurent Stocker incarne l’engagement artistique à travers des collaborations avec des metteurs en scène renommés, comme Julie Deliquet, Alain Françon ou Katharina Thalbach. Ses choix de rôles reflètent une volonté d’explorer des textes classiques et contemporains, allant de Molière à Brecht en passant par Tchekhov ou Lagarce. En 2026, il participe à des créations comme *Les Femmes savantes* de Molière, mise en scène par Emma Dante, ou *L’Ordre du jour* d’Éric Vuillard, dirigée par Jean Bellorini. Ces projets illustrent son attachement à la Comédie-Française, où il a joué dans plus de vingt pièces depuis son entrée en 2001. Son parcours montre une fidélité à l’institution, tout en restant ouvert à des explorations audacieuses, comme en témoignent ses rôles dans des mises en scène innovantes ou des textes méconnus.

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