Laissons les forêts tranquilles
Agir face au dérèglement climatique et s’adapter : chaque semaine, les pistes de la presse étrangère..
Aux États-Unis, la hausse des prix du bœuf a poussé le président à proposer une solution simple : importer davantage de viande bovine en réduisant les droits de douane. Pourtant, cette mesure ignore la cause principale de cette inflation : le changement climatique. L’élevage de bétail, et particulièrement celui des vaches, est l’une des activités humaines les plus polluantes. En effet, les vaches émettent du méthane (un gaz à effet de serre 25 fois plus puissant que le CO₂ sur 100 ans) via leurs flatulences et leurs rots. Mais leur impact ne s’arrête pas là. Pour créer des pâturages, des forêts entières sont détruites, ce qui aggrave encore le dérèglement climatique. Entre 2001 et 2022, 42 % de la déforestation mondiale était directement liée à l’extension des terres agricoles pour l’élevage bovin, selon une étude publiée en février 2026.
Les forêts jouent un rôle clé dans la régulation du climat. Elles absorbent environ 7,14 milliards de tonnes de CO₂ par an, soit plus que les émissions annuelles des États-Unis. Les arbres agissent comme des puits de carbone naturels, capturant le dioxyde de carbone (CO₂) présent dans l’atmosphère et le stockant dans leur bois et leurs sols. Ils contribuent aussi à la régulation des précipitations et soutiennent les moyens de subsistance de près d’un tiers de la population mondiale, souvent en fournissant des revenus ou des ressources essentielles. Pourtant, depuis 1990, plus de 460 millions d’hectares de forêts ont été détruits, une superficie équivalente à celle de l’Union européenne (420 millions d’hectares). Cette destruction libère le CO₂ stocké et réduit la capacité de la planète à absorber les émissions futures.
La déforestation est un phénomène massif et global. Selon l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), entre 2001 et 2022, la création de pâturages pour l’élevage bovin a été responsable de 42 % de la déforestation mondiale. Cette destruction des forêts a des conséquences directes sur le climat, mais aussi sur la biodiversité et les populations locales. Malgré des progrès récents, comme un ralentissement de la déforestation au Brésil ou des programmes de reboisement dans plusieurs pays, ces efforts restent insuffisants face à l’urgence climatique. La FAO souligne que les mesures actuelles ne suivent pas le rythme des engagements pris par les États pour protéger les forêts.
Planter de nouveaux arbres est souvent présenté comme une solution pour lutter contre le changement climatique. Cependant, une étude récente révèle que protéger les forêts existantes serait bien plus efficace et moins coûteux que de tenter de les remplacer après leur destruction. Les chercheurs soulignent que les politiques de reboisement se heurtent à des obstacles politiques et économiques, notamment la pression des entreprises et des spéculateurs immobiliers. Joice Ferreira, chercheuse brésilienne et coautrice de l’étude, explique que « investir dans de nouvelles forêts n’a pas grand intérêt si nous ne parvenons pas à protéger les arbres existants par ailleurs ». Elle compare cette situation à un « puits sans fond », où les efforts de reboisement sont constamment annulés par la poursuite de la déforestation.
Malgré les défis, des progrès ont été réalisés. Au Brésil, la déforestation a ralenti, et plusieurs pays ont lancé des plans de reboisement massif ou des programmes de restauration des forêts dégradées. Par exemple, en Angleterre, plus de 500 000 arbres ont été plantés en trois ans. Cependant, ces initiatives ne suffisent pas à compenser la destruction en cours. La géographe Joy Kehinde Adebisi, dans The Conversation, rappelle que le succès de ces projets dépend aussi du choix des essences d’arbres et de leur adaptation aux conditions locales. Sans une approche réfléchie, le reboisement peut même aggraver certains problèmes environnementaux.
Le 24 septembre 2026, les Nations unies ont adopté une déclaration historique sur l’élévation du niveau des mers. Pour la première fois, tous les États membres, y compris les États-Unis, ont reconnu que la montée des eaux ne modifierait pas les frontières des pays menacés de submersion. Ce texte stipule que « les pays pourront conserver leur souveraineté politique même si leur territoire venait à disparaître ». Cette décision est considérée comme une victoire pour le multilatéralisme, d’autant plus qu’elle mentionne explicitement le changement climatique comme cause de cette menace. Des experts comme ceux du média Grist y voient un consensus rare et encourageant.
La circulation méridienne de retournement de l’Atlantique (Amoc) est un courant océanique majeur qui joue un rôle clé dans la régulation du climat en Europe. Cependant, des scientifiques alertent sur son affaiblissement progressif. Si ce courant venait à s’arrêter, l’Europe pourrait subir des hivers extrêmement rigoureux, comparables à ceux d’une ère glaciaire, ainsi que des sécheresses prolongées tout au long de l’année. Pour anticiper ce risque, un organisme scientifique met en place un système d’alerte précoce afin de suivre en temps réel les apports d’eau douce dans l’océan, notamment ceux issus de la fonte des glaces du Groenland. Cette surveillance vise à améliorer les prévisions et à préparer des mesures d’adaptation.
En septembre 2026, une tortue olivâtre (*Lepidochelys olivacea*) a pondu sur une plage d’Orange County, en Californie. Quelques jours plus tard, une autre femelle a fait de même sur une autre plage de l’État. Il s’agit d’un événement exceptionnel, car il s’agit de la **première nidification naturelle de tortue marine** jamais observée sur la côte ouest des États-Unis. Cette apparition est interprétée comme un signe du réchauffement des océans, qui pousse certaines espèces à étendre leur aire de reproduction vers des zones autrefois trop froides. L’Agence d’observation océanique et atmosphérique (NOAA) a confirmé cette nidification, soulignant son importance pour la biodiversité et les écosystèmes marins.

