370 calories de plus par jour : le secret pour vous faire manger plus d'aliments ultra-transformés résiderait dans leur texture
On croit aimer un plat industriel pour son goût sucré ou salé. Pourtant, ce qui pousse à en reprendre se joue surtout dans la bouche, dans la vitesse à laquelle il fond et s'efface.
Les aliments ultra-transformés désignent des produits alimentaires industriels ayant subi de nombreuses transformations chimiques ou mécaniques. Ils contiennent souvent des additifs, des conservateurs, des arômes artificiels et des ingrédients raffinés comme les huiles hydrogénées ou les sucres ajoutés. Ces produits sont conçus pour être pratiques, peu coûteux et très appétissants, mais ils sont généralement pauvres en nutriments essentiels. Selon les études citées, leur consommation excessive est associée à des risques accrus de maladies comme l'obésité, le diabète de type 2 ou les maladies cardiovasculaires. En France, leur part dans l'alimentation quotidienne a fortement augmenté ces dernières décennies, représentant aujourd'hui environ 30 % des calories consommées par les adultes.
Une étude récente suggère que la texture des aliments ultra-transformés joue un rôle clé dans leur surconsommation. Les chercheurs ont observé que ces produits, souvent mous, fondants ou croustillants, stimulent moins les mécanismes de satiété que les aliments naturels ou peu transformés. Par exemple, une texture fondante ou pâteuse peut tromper le cerveau en réduisant la perception de la quantité ingérée, incitant ainsi à manger davantage. Cette caractéristique expliquerait pourquoi une personne pourrait consommer jusqu'à 370 calories supplémentaires par jour en privilégiant ces aliments, sans pour autant ressentir une sensation de plénitude équivalente.
La satiété est le mécanisme biologique qui signale au cerveau que le corps a suffisamment mangé. Elle dépend de plusieurs facteurs, dont la texture et la composition des aliments. Les aliments naturels, comme les fruits ou les légumes, nécessitent une mastication plus longue, ce qui permet au cerveau de recevoir des signaux de satiété plus tôt. À l'inverse, les aliments ultra-transformés, souvent conçus pour se désagréger rapidement en bouche, réduisent ce temps de mastication. Cette différence explique pourquoi leur consommation peut conduire à une suralimentation passive, sans que la sensation de faim ne disparaisse complètement.
La consommation régulière d'aliments ultra-transformés, en plus d'entraîner une surconsommation calorique, est liée à des risques accrus pour la santé. Les études montrent qu'un apport supplémentaire de 370 calories par jour peut contribuer à une prise de poids moyenne de 3 à 4 kg par an. Sur le long terme, cela augmente significativement le risque de développer des maladies chroniques comme l'obésité, le diabète de type 2 ou des troubles cardiovasculaires. Les chercheurs soulignent que cette surconsommation est souvent inconsciente, car les mécanismes de régulation de l'appétit sont perturbés par la texture de ces aliments.
Pour limiter l'impact de ces aliments, les experts recommandent de privilégier les produits moins transformés, comme les fruits frais, les légumes ou les céréales complètes. Une autre piste consiste à modifier la texture des aliments ultra-transformés pour qu'ils déclenchent plus efficacement la satiété. Par exemple, des recherches explorent l'ajout de fibres ou de protéines pour ralentir leur digestion. Cependant, ces solutions nécessitent des changements industriels majeurs et une prise de conscience individuelle accrue. Les pouvoirs publics pourraient aussi jouer un rôle en informant davantage les consommateurs sur les risques liés à ces produits.

