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Qui sont ces grands noms de la recherche qui s’installent au Québec?

ICI Radio-Canada · mis à jour il y a 13 h

Les tensions entre Trump et le milieu universitaire ont permis de recruter un nombre important de chercheurs..

Programme de chaires

Le gouvernement canadien a lancé en décembre 2025 le Programme des chaires de recherche du Canada Eddie Goldenberg, rebaptisé en hommage à l’ancien conseiller politique Jean Chrétien. Ce programme vise à attirer 64 chercheurs internationaux de haut niveau pour travailler dans des domaines prioritaires comme la résilience climatique, les biotechnologies ou l’intelligence artificielle (IA). Chaque lauréat reçoit un financement de 8 millions de dollars sur 8 ans, avec une possibilité de prolongation de 4 ans. Parmi les 64 chercheurs sélectionnés, 48 viennent des États-Unis, 10 d’Europe, et les autres d’Asie, d’Océanie et d’Amérique du Sud. Le Québec accueillera 14 de ces chercheurs dans ses universités.

Objectifs du programme

Ce programme a été créé pour contrer une tendance préoccupante aux États-Unis, où la recherche scientifique est perçue comme étant malmenée sous l’administration Trump. L’objectif est d’offrir aux chercheurs un environnement plus favorable à leurs travaux, notamment dans des secteurs comme la santé publique, les énergies vertes ou l’IA. Le Canada cherche ainsi à renforcer son écosystème de recherche en attirant des talents internationaux et en favorisant l’innovation. Le programme s’inscrit dans une stratégie plus large pour positionner le pays comme un leader en recherche fondamentale et appliquée.

Chloé Arson : géomécanique

Chloé Arson, ingénieure française, quitte l’Université Cornell aux États-Unis pour rejoindre l’Université McGill à Montréal. Elle travaille sur les systèmes énergétiques souterrains et la géomécanique, des domaines qui étudient les propriétés mécaniques des roches et des sols pour développer des technologies comme la géothermie profonde ou l’extraction d’hydrogène géologique. Son projet inclut l’utilisation de l’intelligence artificielle pour explorer les sous-sols. Elle a obtenu un financement de 8 millions de dollars pour mener ses recherches sur 8 ans. Son épouse, spécialiste des politiques de vaccination, a également quitté son poste aux États-Unis pour poursuivre sa carrière au Canada. Arson souligne l’importance de travailler dans un pays aligné avec ses valeurs scientifiques et sociétales.

Sheryl Magzamen : santé publique

Sheryl Magzamen, chercheuse américaine en santé publique, s’installe à l’Université de Montréal avec sa famille. Ses travaux portent sur les répercussions des facteurs environnementaux sur les populations vulnérables, notamment les effets de la pollution atmosphérique et des feux de forêt sur la santé des enfants. Elle étudiera aussi les contaminants dans l’air à Montréal et Rouyn-Noranda, où des concentrations élevées d’arsenic sont liées à des maladies respiratoires. Magzamen a été attirée par le Canada après avoir constaté la remise en question des recherches environnementales sous l’administration Trump. Elle prévoit apprendre le français pour mieux collaborer avec les communautés locales et intégrer les écoles dans ses études.

Martin Solan : écosystèmes nordiques

Martin Solan, écologiste britannique, quitte l’Université de Southampton pour l’Université Laval. Il se spécialise dans l’étude des écosystèmes résilients du Nord, un domaine qui examine comment les écosystèmes arctiques s’adaptent aux changements climatiques. Son projet, financé par la chaire, permettra de mener des expériences toute l’année, y compris en hiver, une première dans ce domaine. Solan collaborera avec les communautés inuit pour intégrer leurs savoirs traditionnels dans ses recherches. Sa famille s’installera définitivement au Québec pour au moins 12 ans, et ses enfants, déjà bilingues, apprendront rapidement le français.

Patrick Charbonneau : physique

Patrick Charbonneau, physicochimiste canadien, revient à Montréal après 25 ans aux États-Unis pour rejoindre l’Université de Montréal. Il travaille à l’intersection de la physique des matériaux complexes et de l’intelligence artificielle, en utilisant des modèles de physique statistique pour comprendre les limites des systèmes d’IA. Ses recherches pourraient mener à des avancées technologiques, notamment dans le domaine biomédical, comme le contrôle des matériaux comme les verres ou les gels. Charbonneau et sa famille ont choisi de revenir au Canada pour des raisons personnelles et professionnelles, fuyant un environnement politique et social perçu comme hostile.

Jan Carmeliet : climat urbain

Jan Carmeliet, physicien belge spécialisé dans la physique du bâtiment, s’installe à l’Université de Sherbrooke. Ses travaux portent sur l’adaptation et la mitigation des vagues de chaleur et des inondations en milieu urbain, un enjeu crucial face aux changements climatiques. Il a développé un outil numérique pour simuler l’impact des arbres, des bâtiments et de la circulation de l’air sur la gestion de la chaleur dans les villes. Carmeliet souhaite créer un laboratoire vivant en collaboration avec les populations locales pour trouver des solutions concrètes. Son épouse, également chercheuse, vit déjà au Québec, ce qui a facilité leur installation.

Ce que ça pourrait changer

Les universités québécoises, notamment McGill, ont vivement réagi à l’annonce de ces chaires. L’Université McGill avait soumis 17 candidatures et en a obtenu 6, un taux de réussite élevé. La vice-rectrice à la recherche de McGill, Dominique Bérubé, a qualifié cette mobilisation d’exceptionnelle et d’intense. Ces recrutements renforcent la réputation des universités québécoises en recherche internationale et attirent des talents capables de répondre à des enjeux globaux comme le climat ou la santé publique. Le programme est perçu comme une opportunité majeure pour le Québec et le Canada.

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