Fréchette présente un cadre financier trois fois moins coûteux que Legault en 2022
Il détaille le coût (9,7 milliards $) des promesses du parti et explique comment elles seront financées..
La Coalition avenir Québec (CAQ), dirigée par Christine Fréchette, a présenté un cadre financier détaillant le coût de ses promesses électorales. Ce document, intitulé Avançons, prévoit des dépenses totales de 9,7 milliards de dollars sur cinq ans, incluant le remboursement de la dette. Ce montant est trois fois inférieur à celui proposé par l’ancien premier ministre François Legault en 2022, qui s’élevait à 29,1 milliards de dollars. Le cadre financier vise à maintenir l’équilibre budgétaire d’ici 2029-2030, malgré des promesses comme le soutien à domicile (1 milliard de dollars sur quatre ans) ou la construction de 2 000 logements abordables pour les aînés (241 millions de dollars). La CAQ affirme financer ces engagements principalement grâce à une réserve pour éventualités (inutilisée depuis deux ans) et des transferts fédéraux, sans réduire les impôts avant l’équilibre budgétaire.
Pour couvrir ses dépenses, la CAQ compte utiliser une réserve pour éventualités, un fonds mis de côté par le gouvernement pour faire face à des imprévus, comme des crises économiques ou des urgences sanitaires. Cette réserve n’a pas été utilisée depuis deux ans, ce qui signifie qu’elle est intacte. La CAQ prévoit également compter sur des transferts fédéraux, c’est-à-dire des fonds reçus du gouvernement canadien pour financer des programmes comme la santé ou les infrastructures. Cependant, ces transferts ne sont pas encore confirmés pour les années à venir, notamment en raison de tensions commerciales avec les États-Unis. La cheffe de la CAQ, Christine Fréchette, a indiqué qu’elle s’attend à ce que ces fonds soient reconduits. Une autre source de financement envisagée est une augmentation de 2 % du rendement des sociétés d’État, des entreprises appartenant au gouvernement qui génèrent des revenus.
Le cadre financier de la CAQ prévoit des investissements massifs dans les infrastructures, ces équipements publics essentiels comme les routes, les ponts ou les écoles. Le Plan québécois des infrastructures alloue 180 milliards de dollars sur dix ans, dont 75 % seront dédiés à l’entretien et à la réparation des infrastructures existantes, contre 65 % actuellement. Cela représente une hausse de 13 milliards de dollars par rapport aux années précédentes. Ces investissements visent à moderniser et à maintenir en bon état les infrastructures du Québec, un enjeu crucial pour la sécurité et la qualité de vie des citoyens. Aucun détail n’est donné sur la répartition exacte de ces fonds entre les différentes régions du Québec.
Le Québec fait face à un contexte économique difficile, marqué par un ralentissement économique, une stagnation de la population et une guerre commerciale avec les États-Unis. Ces facteurs limitent les revenus de l’État et rendent l’équilibre budgétaire plus complexe. La vérificatrice générale du Québec, Christine Roy, a averti que les efforts financiers nécessaires pour atteindre cet équilibre sont d’une ampleur inédite depuis dix ans, comparable à la période d’austérité sous le gouvernement Couillard. Elle estime que le gouvernement devra réaliser des économies de plus de 5 milliards de dollars sur deux ans pour y parvenir. Malgré ces défis, Christine Fréchette a assuré que les services publics ne seraient pas réduits et qu’il n’y aurait pas de période d’austérité.
Les partis d’opposition ont réagi différemment au cadre financier de la CAQ. Le Parti conservateur du Québec (PCQ), dirigé par Éric Duhaime, critique la CAQ pour son approche interventionniste et dépensière, préférant une politique plus conservatrice qui vise à réduire les dépenses publiques. Le Parti québécois (PQ) et Québec solidaire (QS) s’interrogent sur la comptabilisation des promesses électorales dans le cadre financier, tandis que QS dénonce l’utilisation de la réserve budgétaire en pleine guerre commerciale avec les États-Unis. Le Parti libéral du Québec (PLQ), dirigé par Charles Milliard, juge les promesses de la CAQ trop élevées et accuse le parti de pratiquer une politique spectacle. Tous promettent de présenter des cadres financiers plus rigoureux.
Le cadre financier de la CAQ prévoit une croissance des dépenses publiques limitée à 1 % pour la période 2028-2029. Ce taux est critiqué par Québec solidaire, qui le compare aux pires années d’*austérité* sous Philippe Couillard, où la croissance des dépenses était de 2 %. Pour QS, cette limitation risque de fragiliser les services publics et de nuire aux citoyens les plus vulnérables. À l’inverse, le PCQ et le PLQ estiment que les promesses de la CAQ sont trop coûteuses et pourraient compromettre l’équilibre budgétaire. Christine Fréchette a défendu son approche en soulignant qu’elle évitait une période d’austérité et que les services aux citoyens resteraient intacts. Le débat porte donc sur la capacité du Québec à concilier équilibre budgétaire, investissements publics et protection des services essentiels.

