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Environnement

La whey, ce résidu du fromage devenu un business lucratif chez les sportifs

Reporterre · mis à jour 23 sept.

La whey, une poudre issue du petit-lait, voit sa demande exploser, poussée par la tendance des régimes hyperprotéinés. Cet engouement nourri par un marketing intense interroge d'un point de vue environnemental.

Origine de la whey

La whey est un sous-produit de la fabrication du fromage, obtenu lors de la coagulation du lait. Lorsque le lait est transformé en fromage, une partie liquide se sépare du caillé solide. Cette partie liquide, appelée whey, était autrefois considérée comme un déchet et jetée ou utilisée pour nourrir les animaux. Aujourd’hui, elle est récupérée et transformée en poudre pour être vendue comme complément alimentaire, notamment dans le domaine du sport. Ce changement d’usage s’est accéléré avec la popularisation des régimes riches en protéines et des pratiques sportives intensives.

Transformation en business

La whey est devenue un marché lucratif, principalement grâce à sa transformation en poudre de protéines. Ce marché est estimé à plusieurs milliards d’euros dans le monde, avec une croissance annuelle soutenue. Les entreprises spécialisées dans les compléments alimentaires ciblent particulièrement les sportifs, notamment les pratiquants de musculation et les athlètes, en mettant en avant ses propriétés pour la récupération musculaire et la prise de masse. En France, ce secteur est en plein essor, avec une demande croissante malgré des controverses sur son impact environnemental et sanitaire.

Rôle des industriels

Les industriels du secteur laitier et des compléments alimentaires jouent un rôle central dans la commercialisation de la whey. Des entreprises comme FrieslandCampina ou Arla Foods sont des acteurs majeurs dans la production et la distribution de whey en poudre. Ces groupes transforment le sous-produit laitier en un produit à haute valeur ajoutée, souvent vendu sous forme de whey concentrée, isolée ou hydrolysée. Leur stratégie marketing repose sur des arguments scientifiques, comme l’apport en acides aminés essentiels, pour séduire les consommateurs.

Demande des sportifs

La whey est particulièrement prisée par les sportifs, notamment ceux qui pratiquent la musculation ou les sports de force. Elle est consommée pour ses protéines, qui aident à la récupération musculaire et à la construction de la masse maigre. Les athlètes l’utilisent souvent en complément d’un régime alimentaire équilibré, sous forme de shakes ou de barres protéinées. Le marché cible les jeunes adultes, souvent des hommes âgés de 18 à 35 ans, avec des campagnes publicitaires mettant en avant des résultats rapides et une amélioration des performances.

Controverses environnementales

La production de whey soulève des questions environnementales. En France, l’industrie laitière génère environ 1,5 million de tonnes de whey par an, dont une partie est encore rejetée dans les eaux usées, ce qui pose des problèmes de pollution. Les associations écologistes, comme Reporterre, soulignent que cette pratique contribue à la dégradation des écosystèmes aquatiques. Des solutions sont envisagées, comme la valorisation de la whey en biogaz ou en engrais, mais leur adoption reste limitée en raison des coûts et des infrastructures nécessaires.

Ce que ça pourrait changer

La *whey* est encadrée par des réglementations sanitaires, notamment en Europe où elle est considérée comme un aliment. Cependant, des questions persistent sur ses effets à long terme, notamment en cas de consommation excessive. Certains experts s’interrogent sur les risques de déséquilibres nutritionnels ou de problèmes rénaux liés à un apport trop important en protéines. En France, l’**Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (ANSES)** recommande de ne pas dépasser 2,2 grammes de protéines par kilogramme de poids corporel par jour pour les sportifs, mais cette limite est souvent ignorée par les consommateurs.

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