Carney se rend à St-Pierre- et -Miquelon pour y rencontrer Macron
Cette rencontre surivent alors que le Canada et l’Union européenne négocient pour forger une alliance plus étroite..
Le premier ministre canadien Mark Carney et le président français Emmanuel Macron doivent se retrouver dimanche à Saint-Pierre-et-Miquelon, un petit archipel français situé à environ 20 kilomètres des côtes de Terre-Neuve, au Canada. Cette rencontre, décrite comme symbolique par les deux pays, inclut un dîner de travail et une cérémonie au cours de laquelle les dirigeants déposeront une gerbe devant un mémorial dédié aux volontaires de la France libre. Cet événement historique rappelle la libération pacifiquement menée par les forces françaises libres en décembre 1941, alors que l’archipel était sous le contrôle du régime de Vichy, allié à l’Allemagne nazie pendant la Seconde Guerre mondiale. Cette visite est présentée comme un geste d’unité et de respect mutuel entre les deux nations.
Cette rencontre intervient dans un contexte où le Canada et l’Union européenne (UE) cherchent à renforcer leur coopération, notamment face aux tensions persistantes avec les États-Unis et leur président Donald Trump. Les deux dirigeants soulignent l’importance de promouvoir une alliance plus étroite, basée sur des valeurs communes comme la liberté, la démocratie, l’État de droit et le respect de la souveraineté des pays. Un porte-parole du bureau de Macron a précisé que cette collaboration vise à renforcer l’autonomie décisionnelle des pays dans un monde marqué par le retour des politiques de puissance et des tensions géopolitiques. Macron devait initialement se rendre à Saint-Pierre-et-Miquelon du 19 au 21 septembre avant de participer à l’Assemblée générale des Nations unies à New York.
Cette visite représente une première pour plusieurs raisons. Mark Carney sera le premier premier ministre canadien à effectuer une visite officielle à Saint-Pierre-et-Miquelon. Quant à Emmanuel Macron, il s’agit de sa première visite dans l’archipel depuis plus de dix ans. Cette rencontre illustre également l’intérêt croissant du Canada pour l’Europe. Quelques jours plus tôt, Carney s’est rendu au Parlement européen à Strasbourg, où il a salué les ambitions d’Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, qui souhaite que le Canada devienne le premier membre associé de l’UE. Ce statut, encore à définir, marquerait une étape supplémentaire dans les relations entre les deux parties, au-delà d’un simple accord de libre-échange.
Lors de leur rencontre, Carney et Macron aborderont plusieurs domaines stratégiques pour approfondir leur partenariat. Parmi ceux-ci figurent l’aérospatiale, l’énergie, les minéraux critiques et les technologies de pointe, comme les technologies quantiques, les satellites et la superinformatique. Un responsable du cabinet de Macron a également mentionné la volonté de promouvoir la coopération régionale dans des secteurs comme la pêche, les transports, le transit des voyageurs, les échanges universitaires et le commerce. Ces discussions s’inscrivent dans la continuité des efforts du Canada pour se rapprocher de l’Europe, notamment depuis l’arrivée de Carney au poste de premier ministre en mars 2025.
Le Canada et l’UE disposent déjà d’un accord de libre-échange, bien que celui-ci ne soit pas encore ratifié par tous les États membres de l’UE. En 2024, le Canada est devenu le seul pays non européen à participer au nouveau programme d’approvisionnement en matière de défense de l’UE. Ursula von der Leyen a récemment déclaré que les deux parties devaient repenser de toute urgence leur partenariat pour l’amener à un niveau supérieur. Carney a évoqué la possibilité de renforcer les liens entre les jeunes, ainsi que la mise en place d’un marché intégré des services financiers. Ces propositions feront l’objet de débats et de votes au Parlement canadien. Le choix de Saint-Pierre-et-Miquelon comme lieu de rencontre souligne l’importance symbolique de cette visite dans le renforcement des relations entre le Canada et l’Europe.
Le choix de Saint-Pierre-et-Miquelon comme lieu de rencontre n’est pas anodin. Bien que géographiquement proche des côtes canadiennes (Terre-Neuve), cet archipel est un territoire français, ce qui en fait un symbole de la proximité entre le Canada et l’Europe. Diya Jiang, chercheuse à l’Université McGill de Calgary, a souligné que cette visite illustre une réalité souvent méconnue : malgré la distance, les liens entre le Canada et l’Europe sont plus forts qu’il n’y paraît. Ce territoire, situé à seulement 20 kilomètres de Terre-Neuve, incarne cette proximité et sert de cadre à une rencontre qui vise à renforcer les relations diplomatiques et économiques entre les deux pays.

