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Espace : la longue marche vers le réutilisable

Next.ink · mis à jour il y a 19 j

Cet été, Américains, Européens, Chinois et Russes continuent leur longue marche vers le spatial réutilisable, chacun à son rythme. Alors que SpaceX a fait des avancées importantes vers le tout réutilisable mais rencontre des difficultés, la Chine a réussi pour la première fois, cet été, l’atterrissage d’une fusée au lanceur réutilisable.

Course mondiale vers le réutilisable

L'industrie spatiale mondiale accélère sa transition vers des fusées réutilisables, une technologie qui permet de récupérer et de réutiliser tout ou partie d'un lanceur après un vol, réduisant ainsi les coûts. SpaceX, entreprise américaine fondée par Elon Musk, reste en tête avec des progrès significatifs, mais rencontre des défis techniques. La Chine a marqué un point en juillet 2026 en réalisant pour la première fois l'atterrissage contrôlé d'une fusée réutilisable en mer à l'aide d'un filet, une méthode innovante. L'Europe, avec son démonstrateur Themis, avance lentement mais confirme sa volonté de rattraper son retard. La Russie, de son côté, a finalisé les plans de sa fusée Amour-SPG à premier étage réutilisable, mais repousse son premier lancement à 2031, illustrant un retard croissant.

Starship et ses défis

Le 24 juillet 2026, SpaceX a mené son treizième essai de Starship, un lanceur superlourd conçu pour être entièrement réutilisable. Bien que la mission ait permis de déployer 20 satellites Starlink de troisième génération, le retour du booster a échoué : seulement 10 des 13 moteurs ont pu être rallumés, provoquant un amerrissage brutal dans le Golfe du Mexique. Le bouclier thermique du deuxième étage, essentiel pour protéger le vaisseau lors de la rentrée atmosphérique, est pointé du doigt. Selon Dan Rasky, ancien ingénieur de la NASA, ce système actuel ne permet pas une réutilisation rapide et efficace, rappelant les problèmes rencontrés par la navette spatiale américaine il y a 50 ans, où l'inspection des tuiles thermiques après chaque vol était chronophage.

La Chine innove en mer

Le 10 juillet 2026, la Chine a réussi une première mondiale en récupérant un lanceur réutilisable, la Longue Marche-10B, après son décollage depuis l'île de Hainan. Contrairement à SpaceX qui utilise des pieds d'atterrissage, la Chine a opté pour une méthode originale : des crochets fixés sur le lanceur s'accrochent à un filet de récupération en mer. Cette approche permet d'économiser du poids, un critère crucial pour les fusées. Cependant, la fiabilité du spatial chinois reste à prouver : le 11 août 2026, la fusée Longue Marche 7A a explosé peu après son décollage, soulignant les défis techniques persistants.

Themis, l'espoir européen

En Europe, le démonstrateur Themis, développé par ArianeGroup et la société suédoise SSC Space, a franchi une étape importante le 23 juillet 2026 avec une répétition générale de son lancement au centre spatial d'Esrange, en Suède. Ce test a simulé les opérations cryogéniques (utilisation de températures extrêmement basses) et les procédures avant et après vol, y compris la passivation du système, une étape de sécurité pour éviter les explosions résiduelles. Bien que les résultats soient encourageants, le projet reste en phase de développement. En juillet 2025, le CNES prévoyait initialement des vols verticaux à basse altitude pour la même année, mais ces échéances ont été repoussées, confirmant la lenteur du processus.

Ce que ça pourrait changer

La Russie a finalisé la conception de sa fusée *Amour-SPG*, équipée d'un premier étage réutilisable, mais son premier lancement est désormais prévu pour 2031. Initialement annoncé pour 2023, puis entre 2028 et 2030, ce projet accumule les retards. Selon Leonid Mikhailenko, directeur général par intérim du Centre spatial *Progress*, les travaux se concentrent désormais sur la construction du matériel. Dmitry Bakanov, directeur de l'agence spatiale russe *Roscosmos*, avait évoqué en avril 2026 la présentation d'un prototype du premier étage réutilisable sous 18 à 24 mois, mais cette échéance semble déjà compromise. Ces délais illustrent les difficultés économiques et techniques rencontrées par le secteur spatial russe.

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