Sahara occidental : la très efficace diplomatie marocaine
Le 31 octobre, un vote important à l’ONU pourrait trancher la question de la revendication du Sahara occidental par le Maroc. Pour le quotidien espagnol “El País”, la reconnaissance américaine, en 2020, de la souveraineté marocaine sur ce territoire a encouragé Rabat à structurer sa diplomatie et ses alliances autour de cette seule question.
Le Maroc a réalisé des progrès diplomatiques majeurs sur la scène internationale, notamment grâce au soutien de trois membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU : les États-Unis, la France et le Royaume-Uni. Les deux autres membres permanents, la Chine et la Russie, se sont abstenus lors des votes concernant la question du Sahara occidental. Ces avancées ont permis au Maroc, un pays de 38 millions d’habitants avec un produit intérieur brut (PIB) dix fois inférieur à celui de l’Espagne, de renforcer sa position. Le PIB du Maroc s’élève à environ 120 milliards de dollars, contre 1 200 milliards pour l’Espagne. Ces résultats contrastent avec le statut régional émergent du Maroc en Afrique du Nord, soulignant l’efficacité de sa diplomatie.
En décembre 2020, les États-Unis, sous la présidence de Donald Trump, ont reconnu officiellement la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental. Cette décision a marqué un tournant dans la politique étrangère du Maroc, car elle représentait la première fois qu’une grande puissance comme les États-Unis soutenait publiquement la position de Rabat. Bernabé López García, spécialiste du Maroc et professeur honoraire à l’Université autonome de Madrid, souligne que cette reconnaissance est intervenue dans les dernières heures du mandat de Trump, ce qui a pu donner l’impression d’une décision improvisée ou prise en secret. Cette reconnaissance a été accordée en échange de la normalisation des relations entre le Maroc et Israël, un accord connu sous le nom d’accords d’Abraham.
L’accord entre le Maroc et Israël, conclu en décembre 2020, a joué un rôle central dans la reconnaissance américaine de la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental. Cet accord, appelé accords d’Abraham, visait à normaliser les relations diplomatiques entre plusieurs pays arabes et Israël. Pour le Maroc, cet accord a permis d’obtenir un soutien politique et diplomatique majeur des États-Unis. En contrepartie, le Maroc a accepté de rétablir ses relations avec Israël, rompues depuis 2000. Cet échange a renforcé la position du Maroc sur la scène internationale, tout en lui permettant de durcir sa politique dans la région du Sahara occidental.
En cinq ans, le Maroc est devenu le premier importateur d’armes du continent africain, un statut qui reflète son ambition de renforcer sa puissance militaire. Ce pays, dont le PIB est dix fois inférieur à celui de l’Espagne, a investi massivement dans son arsenal militaire, avec des dépenses estimées à plusieurs milliards de dollars par an. Cette militarisation s’inscrit dans le contexte du conflit prolongé autour du Sahara occidental, une région riche en ressources naturelles et stratégique géopolitiquement. Le Maroc a également renforcé sa présence militaire dans des zones comme Guerguerat, située à l’extrême sud-ouest du Sahara occidental, près de la frontière avec la Mauritanie.
Malgré les avancées diplomatiques du Maroc, la question du Sahara occidental reste un sujet de tension sur la scène internationale. Le *Conseil de sécurité de l’ONU* n’a pas modifié sa position officielle, qui considère le Sahara occidental comme un territoire non autonome. La reconnaissance américaine de 2020 a été perçue comme un contournement des mécanismes onusiens, ce qui a suscité des critiques. La Chine et la Russie, deux membres permanents du Conseil de sécurité, se sont abstenues lors des votes liés à cette question, évitant ainsi de bloquer ou de soutenir ouvertement la position marocaine. Ce contexte montre la complexité des négociations internationales autour de ce conflit.

