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Géopolitique

Donald Trump rêve-t-il d’être un président français ?

Le Grand Continent · mis à jour il y a 23 j

Du 14 Juillet à Versailles, le président américain exacerbe les symboles du pouvoir français pour inventer une présidence impériale aux États-Unis. L’article Donald Trump rêve-t-il d’être un président français ? est apparu en premier sur Le Grand Continent..

Deux fêtes nationales

En 2026, les fêtes nationales américaine (4 juillet) et française (14 juillet) se sont rapprochées symboliquement, notamment en raison d’une volonté affichée par Donald Trump d’intégrer des éléments du 14 juillet français à la célébration américaine. Traditionnellement, ces deux dates n’ont rien en commun : le 4 juillet célèbre l’Indépendance des États-Unis (1776) avec des fêtes locales et familiales, tandis que le 14 juillet commémore la prise de la Bastille (1789) lors de la Révolution française, souvent marquée par des défilés militaires. Trump, invité en 2017 à Paris pour le 14 juillet, avait exprimé son admiration pour l’organisation de ce défilé, déclenchant une réflexion sur l’influence des symboles du pouvoir français dans la culture politique américaine.

Défilés militaires

L’article souligne que tout changement de régime politique s’accompagne souvent d’une modification de sa grammaire visuelle, c’est-à-dire de ses symboles et de ses rituels. Trump a cherché à transformer la fête du 4 juillet en un défilé militaire spectaculaire, inspiré du 14 juillet français. En 2026, un défilé aérien avec des avions de chasse (B-2 et F-35) a survolé Washington, suivant l’axe du National Mall, un espace public conçu au XVIIIe siècle par l’architecte Pierre Charles L’Enfant sur le modèle des jardins de Versailles. Cette initiative fait suite à une parade militaire organisée le 14 juin 2025 pour le 250e anniversaire de l’US Army, mobilisant 6 700 militaires et coûtant entre 25 et 45 millions de dollars. Ces défilés contrastent avec la tradition américaine, où la fête nationale est avant tout une célébration civique et locale, sans faste particulier.

Symboles royaux

Trump s’inspire ouvertement des symboles du pouvoir royal français, notamment ceux de Louis XIV et de Napoléon Bonaparte, pour façonner une image de président plus autoritaire. En 2017, il avait été impressionné par la revue des troupes par Emmanuel Macron sur les Champs-Élysées, une scène qu’il a décrite comme « royale ». Cette admiration se traduit par des choix linguistiques et architecturaux : Trump utilise régulièrement des termes possessifs pour désigner les institutions militaires, comme « mes généraux » ou « ma marine », alors que ces forces prêtent serment à la Constitution américaine et non à une personne. Cette appropriation des symboles vise à créer l’image d’un chef suprême, au-delà des limites institutionnelles.

Arc de l'Indépendance

Un projet d’arc de triomphe, nommé arc de l’Indépendance, est en cours de construction à Washington pour commémorer les 250 ans de l’indépendance des États-Unis. Ce monument, dont la hauteur prévue est de 76 mètres, devrait éclipser l’Arc de triomphe de Paris. Lors d’une présentation en octobre 2025, Trump a déclaré que ce monument lui était dédié, déclarant : « Moi. Et ça va être magnifique. » Le nom officiel du projet, « arc de l’Indépendance », semble ainsi détourné pour servir une glorification personnelle. Les travaux préparatoires ont déjà commencé sur le site, situé entre le pont Arlington Memorial et le cimetière national d’Arlington. Ce projet s’inscrit dans une logique de monumentalisation du pouvoir exécutif.

Salle de bal dorée

Trump a lancé un chantier controversé pour agrandir la Maison-Blanche : la création d’une salle de bal monumentale, appelée White House State Ballroom. Cette extension, dont la surface au sol sera 45 fois plus grande que celle de la salle de bal actuelle, vise à doter l’exécutif américain d’un espace de réception comparable à une cour royale européenne. L’objectif est de transformer la Maison-Blanche, traditionnellement perçue comme la résidence d’un premier magistrat temporaire, en un palais digne d’un monarque. Trump a explicitement cité Versailles comme source d’inspiration, notamment après un dîner d’État organisé dans la galerie des Glaces en 2017. Ce projet s’accompagne d’une profusion de dorures et d’ornements, reflétant une esthétique inspirée de Louis XIV, visible aussi dans ses propriétés privées comme Mar-a-Lago en Floride.

Ce que ça pourrait changer

L’influence du style Louis XIV sur Trump ne se limite pas à l’architecture : elle s’étend à ses choix esthétiques et à son langage. Le promoteur immobilier Steve Witkoff, proche de Trump, a comparé les dorures de l’Élysée à celles de Mar-a-Lago, confirmant l’admiration de Trump pour le faste royal français. Son triplex new-yorkais, d’une superficie de 3 000 mètres carrés, arbore des fresques au plafond et des ornements dorés, un style qu’il qualifie lui-même de « Louis XIV sous stéroïdes ». Trump a également recours à des citations attribuées à Napoléon, comme « Celui qui sauve sa patrie ne viole aucune loi », une phrase publiée en février 2025 sur son réseau *Truth Social* et interprétée comme une justification de l’autorité présidentielle au-dessus des lois. Cette esthétique et ce langage visent à renforcer l’image d’un pouvoir fort et intouchable.

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