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De Babylone aux horloges atomiques : comment la seconde a été inventée et redéfinie au fil du temps

Numerama · mis à jour il y a 19 j

Alors que la Conférence générale des poids et mesures a choisi d'abandonner la seconde intercalaire pour mesurer le temps, c'est l'occasion de revenir sur la longue et mouvementée histoire du tic-tac de nos montres. Qui a inventé la seconde et comment a-t-elle évolué ?.

Origine babylonienne

La seconde trouve ses racines dans l’Antiquité babylonienne, vers 2000 av. J.-C., où les astronomes utilisaient le système sexagésimal (base 60) pour diviser le jour en 24 heures, chaque heure en 60 minutes et chaque minute en 60 secondes. Cette méthode, inspirée des observations des mouvements célestes, a permis une première standardisation du temps. Les Babyloniens, en s’appuyant sur des calculs astronomiques, ont ainsi posé les bases d’une unité de mesure temporelle qui perdure encore aujourd’hui. Leur approche reposait sur l’idée que le temps pouvait être découpé de manière précise et répétable, une avancée majeure pour l’organisation des sociétés anciennes.

Définition astronomique

Jusqu’au milieu du XXe siècle, la seconde était définie à partir du mouvement de rotation de la Terre. En 1956, le Bureau international des poids et mesures (BIPM) a officialisé cette définition en la reliant à l’année tropique 1900, c’est-à-dire la durée nécessaire pour que la Terre effectue une révolution autour du Soleil. Une seconde correspondait alors à 1/31 556 925,9747 de cette année. Cette méthode, bien que précise pour l’époque, présentait un inconvénient majeur : la rotation de la Terre n’est pas parfaitement régulière en raison de phénomènes comme les marées ou les mouvements des masses d’air, ce qui rendait la seconde légèrement variable.

Révolution atomique

En 1967, une nouvelle définition de la seconde a été adoptée pour répondre aux limites de la méthode astronomique. Depuis cette date, la seconde est définie comme la durée de 9 192 631 770 périodes de la radiation correspondant à la transition entre deux niveaux hyperfins de l’atome de césium 133, à une température de 0 kelvin. Cette définition, basée sur les propriétés quantiques de la matière, offre une stabilité inégalée, avec une précision de l’ordre de 10^-16 seconde. Elle a permis de synchroniser les horloges atomiques, utilisées dans les systèmes de navigation par satellite comme le GPS, avec une exactitude extrême.

Horloges atomiques modernes

Les horloges atomiques actuelles, comme celles développées par le National Institute of Standards and Technology (NIST) aux États-Unis ou le Laboratoire national de métrologie et d’essais (LNE-SYRTE) en France, atteignent des précisions de l’ordre de la nanoseconde (10^-9 seconde) par jour. Ces instruments, souvent refroidis à des températures proches du zéro absolu, utilisent des atomes de césium, de rubidium ou d’ytterbium pour mesurer le temps avec une exactitude remarquable. Leur fonctionnement repose sur des lasers ultra-précis qui excitent les atomes et permettent de compter les oscillations atomiques, offrant une référence temporelle plus fiable que les mouvements célestes.

Ce que ça pourrait changer

La standardisation de la seconde a eu des répercussions majeures sur la société moderne. Elle a permis le développement des systèmes de positionnement par satellite (GPS), essentiels pour la navigation, les communications et les transactions financières. Sans une mesure du temps aussi précise, des technologies comme Internet ou les réseaux électriques synchronisés seraient impossibles. La seconde est également au cœur des systèmes de synchronisation des réseaux informatiques, où la moindre déviation peut entraîner des perturbations majeures. Aujourd’hui, des institutions comme le BIPM et des laboratoires nationaux veillent à maintenir cette unité de mesure à jour pour répondre aux besoins croissants de précision.

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