« Il faut mettre fin à cette impunité » : insultée sur LinkedIn puis condamnée, l’entrepreneuse Tara Heuzé-Sarmini se rebiffe
Après avoir été qualifiée de « connasse » dans un message privé sur le réseau social professionnel, l’entrepreneuse en a publié une capture d’écran pour dénoncer ce type d’injures sexistes et le sentiment d’impunité de ceux qui les profèrent. Condamnée par la justice, son histoire a eu un large écho..
Tara Heuzé-Sarmini est une entrepreneuse française connue pour ses engagements sociaux et féministes. Elle a notamment lancé en 2015 une ONG dédiée à la lutte contre la précarité menstruelle, un phénomène qui touche des millions de femmes en France et dans le monde. Son profil LinkedIn reflète ces valeurs, mettant en avant ses investissements dans des projets associatifs, environnementaux et féministes. Le 28 août 2026, alors qu’elle revient de vacances et se prépare à assister à un mariage, elle reçoit un message privé sur LinkedIn. Ce message, envoyé par un inconnu, lui propose de rejoindre un club d’entrepreneurs au nom pas très inclusif. Tara Heuzé-Sarmini, surprise par cette proposition, refuse poliment en expliquant qu’elle est très investie dans les questions d’égalité. Elle utilise une touche d’humour en mentionnant qu’il est peu probable qu’elle rejoigne un club de bros (abréviation de brothers, un terme anglophone désignant un groupe d’hommes souvent perçu comme peu ouvert à la diversité).
Quelques minutes après son refus, Tara Heuzé-Sarmini reçoit une réponse de son interlocuteur, cette fois rédigée sans l’aide d’une intelligence artificielle. Le ton est immédiatement violent et sexiste : l’inconnu lui écrit « On va créer “Band of Connasses”. Nous penserons à vous pour un rôle d’ambassadrice. Vous semblez en avoir t… », où connasse est une insulte sexiste et misogyne. Tara Heuzé-Sarmini décide de publier une capture d’écran de ce message sur les réseaux sociaux pour dénoncer ce type d’injures et l’impunité dont bénéficient souvent leurs auteurs. Son histoire a rapidement attiré l’attention, notamment celle de la Fondation des Femmes, qui a souligné l’inégalité de traitement entre les procédures judiciaires. Selon la Fondation, une procédure d’urgence permet de faire retirer une publication dénonçant une injure sexiste en seulement 48 heures, alors que des victimes de violences conjugales, de viols ou de soumission chimique attendent parfois des mois, voire des années, pour obtenir une décision de justice.
Face à cette insulte publique, Tara Heuzé-Sarmini a porté plainte contre l’auteur du message. Le 18 septembre 2026, soit trois semaines après les faits, elle a obtenu gain de cause : l’auteur a été condamné par la justice pour injure sexiste. Cette condamnation est un exemple rare de réponse judiciaire rapide à ce type d’infraction, souvent minimisée ou ignorée. L’entrepreneuse a choisi de rendre son histoire publique pour sensibiliser l’opinion sur la persistance des violences sexistes en ligne et l’importance de lutter contre l’impunité des auteurs de tels actes. Son cas illustre les défis auxquels sont confrontées les victimes de cyberviolences, notamment sur les réseaux sociaux professionnels comme LinkedIn, où les échanges peuvent rapidement basculer dans l’insulte ou le harcèlement.
L’affaire de Tara Heuzé-Sarmini soulève une question plus large : celle de l’impunité dont bénéficient les auteurs d’injures sexistes en ligne. Malgré les condamnations possibles, les procédures judiciaires restent longues et complexes pour les victimes. La Fondation des Femmes a pointé du doigt cette inégalité, comparant le traitement réservé aux plaintes pour injures sexistes à celui des victimes de violences physiques ou sexuelles. Selon elle, la justice semble plus réactive lorsqu’il s’agit de protéger la liberté d’expression des auteurs d’injures que lorsqu’il s’agit de protéger les victimes. Cette affaire met en lumière les lacunes du système judiciaire face aux violences sexistes en ligne et l’urgence de réformer les procédures pour les rendre plus accessibles et efficaces.
L’histoire de Tara Heuzé-Sarmini a connu un large écho médiatique, notamment grâce à sa décision de rendre publique l’insulte qu’elle a reçue. En partageant son expérience, elle a contribué à sensibiliser le public et les médias à la réalité des violences sexistes en ligne. Son cas a été relayé par de nombreux titres de presse et a suscité des débats sur les réseaux sociaux, où les utilisateurs ont exprimé leur soutien à l’entrepreneuse. Cette visibilité a également permis de mettre en lumière les enjeux liés à la modération des contenus sur les plateformes professionnelles comme LinkedIn, souvent perçues comme des espaces sécurisés mais où les insultes et les harcèlements peuvent aussi prospérer. Son combat illustre l’importance de la parole des victimes pour briser l’omerta autour des violences sexistes.

