Gadi Eisenkot, le général qui défie Netanyahou 3/4 : Épisode 3/4 : Une ambition politique à l'épreuve du 7 octobre
Après près de 40 ans dans l’armée, Gadi Eisenkot entre en politique aux côtés de Benny Gantz en 2022. Le 7 octobre 2023 le propulse au cœur des décisions prises pendant la guerre à Gaza.
Gadi Eisenkot, général israélien ayant servi près de 40 ans dans l’armée, s’engage en politique en 2022 aux côtés de Benny Gantz. Ce dernier, également ancien chef d’état-major, crée le parti Bleu et Blanc pour concurrencer Benjamin Netanyahou. Eisenkot, connu pour son expérience militaire et sa réputation d’intégrité, devient député. Son entrée en politique aurait pu rester discrète, mais le 7 octobre 2023, jour de l’attaque du Hamas contre Israël, va tout changer. Ce jour-là, le Hamas lance une offensive sans précédent depuis la bande de Gaza, tuant plus de 1 200 Israéliens et enlevant environ 240 otages. Eisenkot, déjà critique envers la politique de Netanyahou, est alors propulsé au cœur des décisions stratégiques en intégrant le cabinet de guerre, un organe restreint chargé de piloter la réponse israélienne à la crise.
Dès octobre 2023, Eisenkot rejoint le cabinet de guerre israélien aux côtés de Netanyahou et Gantz. Ce conseil, composé de hauts responsables militaires et politiques, prend les décisions clés pour gérer la guerre à Gaza. Eisenkot y participe activement, apportant son expertise militaire et son sens stratégique. Cependant, ses désaccords avec Netanyahou se font rapidement sentir. Il critique notamment l’absence de vision claire pour mettre fin au conflit et la gestion des négociations avec le Hamas. Selon David Khalfa, spécialiste du Proche-Orient, Eisenkot exprime des réserves de plus en plus fortes, notamment sur la question d’une sortie de crise. Ces tensions reflètent une divergence profonde entre une approche militaire pure et une approche politique plus nuancée.
En décembre 2023, la vie d’Eisenkot bascule avec la mort de son fils, Gal Eisenkot, âgé de 25 ans. Ce dernier, réserviste dans l’armée israélienne, est tué lors d’une opération à Gaza visant à récupérer le corps d’un otage. Cette perte personnelle s’ajoute à celle de son neveu et d’un cousin, également morts au combat. Le deuil d’Eisenkot est partagé par l’ensemble de la classe politique et militaire israélienne, mais il retourne rapidement au cabinet de guerre. Cette situation soulève un débat national sur l’équilibre entre la nécessité de sauver des otages et les risques encourus par les soldats. Myriam Shermer, journaliste spécialiste de la politique israélienne, souligne que ce drame humain renforce la légitimité d’Eisenkot, tout en complexifiant ses choix politiques.
En juin 2024, Eisenkot démissionne du cabinet de guerre après avoir estimé que la priorité devait être la libération des otages plutôt que la poursuite des opérations militaires à Gaza. Il critique ouvertement la stratégie de Netanyahou, qu’il juge inefficace et trop rigide. Ses positions le rapprochent de plus en plus de Benny Gantz, mais il finit par rompre avec lui, le jugeant trop conciliant envers Netanyahou. En 2026, Eisenkot quitte le parti Bleu et Blanc pour fonder son propre mouvement politique, Yashar (qui signifie Droit ou Juste en hébreu). Ce parti se présente comme une alternative à Netanyahou, avec une ligne axée sur la sécurité, la négociation et la réforme politique. Eisenkot cherche ainsi à incarner une nouvelle voie pour Israël, loin des divisions traditionnelles.
En 2026, Eisenkot incarne une figure montante de l’opposition israélienne, avec une ambition claire : se présenter comme une alternative crédible à Netanyahou lors des prochaines élections. Son parcours, marqué par son expérience militaire, son deuil et ses prises de position tranchées, en fait un candidat atypique. Il mise sur une approche à la fois sécuritaire et pragmatique, en insistant sur la nécessité de négocier avec le Hamas pour libérer les otages. Cependant, son positionnement divise : certains le voient comme un leader nécessaire pour sortir de l’impasse, tandis que d’autres lui reprochent son manque de clarté sur la solution à long terme pour Israël et les Palestiniens. Son parti *Yashar* pourrait jouer un rôle clé dans les débats à venir, notamment sur la réforme judiciaire et la gestion de la guerre à Gaza.

