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Culture

Conférence nationale sur le handicap : il reste beaucoup à faire

France Culture - Savoirs · mis à jour 4 sept.

Emmanuel Macron doit annoncer une soixantaine de mesures pour améliorer le quotidien des personnes en situation de handicap, à l'occasion du lancement de la Conférence nationale sur le sujet..

Handicap en France

En France, plus de 14 millions de personnes vivent avec un handicap, ce qui représente environ 20 % de la population. Un handicap désigne une limitation importante d'une ou plusieurs fonctions physiques, sensorielles, mentales ou cognitives, pouvant entraîner des difficultés dans la vie quotidienne. Malgré des lois comme celle de 2005 qui exige l'accessibilité universelle, plus de la moitié des établissements recevant du public (mairies, commerces, restaurants, etc.) ne sont toujours pas aux normes. Cela signifie que des lieux comme les écoles, les hôpitaux ou les magasins ne sont pas adaptés pour les personnes en fauteuil roulant, aveugles ou malentendantes. Par exemple, des escaliers sans ascenseurs ou des panneaux d'information non disponibles en braille compliquent leur accès. Ces obstacles persistent malgré les obligations légales, soulignant un décalage entre les textes et leur application sur le terrain.

Conférence nationale

Pour tenter de résoudre ces problèmes, une Conférence nationale sur le handicap s'est tenue le 4 septembre 2026 à Bobigny (Seine-Saint-Denis), présidée par le président de la République, Emmanuel Macron. Cet événement, qui a lieu tous les trois ans, est une occasion pour le gouvernement de présenter de nouvelles mesures et de faire un bilan des avancées réalisées. Cette année, le chef de l'État devait annoncer une soixantaine de mesures visant à améliorer le quotidien des personnes en situation de handicap. L'objectif est de passer d'une approche théorique à des actions concrètes, comme l'amélioration de l'accessibilité des transports ou le renforcement des accompagnements scolaires pour les élèves handicapés. Les associations, comme l'APF France Handicap, espèrent des engagements forts et une politique volontariste, après des années de promesses non tenues.

Mesures annoncées

Parmi les mesures évoquées, le remboursement intégral des fauteuils roulants est entré en vigueur en 2025. Pourtant, seulement 90 000 personnes en ont bénéficié à ce jour, en raison de délais administratifs importants. Une autre avancée concerne l'allocation adulte handicapé (AAH), dont le montant ne dépend plus des revenus du conjoint depuis 2026. Cette réforme répond à une demande historique des associations, qui dénonçaient des inégalités dans le calcul des aides. Cependant, malgré ces progrès, les associations estiment que les actions restent insuffisantes face à l'ampleur des besoins. Par exemple, l'accompagnement des élèves handicapés par des AESH (Accompagnants d'Élèves en Situation de Handicap) n'est toujours pas garanti à temps plein dans toutes les écoles, ce qui limite leur inclusion scolaire.

Défis persistants

Les transports restent un point noir de l'accessibilité. Malgré la loi Handicap de 2005, de nombreuses gares et stations de métro ne sont pas adaptées, comme l'a illustré un trajet en RER à Nanterre par Franck Maille, membre de l'APF France Handicap. Les associations soulignent que les retards dans la mise aux normes des infrastructures pénalisent directement les personnes handicapées, limitant leur autonomie et leur mobilité. Un autre défi majeur concerne l'emploi : le taux de chômage des personnes handicapées reste deux fois plus élevé que la moyenne nationale, en partie à cause de stéréotypes et de manque d'aménagements dans les entreprises. Ces obstacles structurels montrent que, malgré des avancées, le chemin vers une société pleinement inclusive est encore long.

Ce que ça pourrait changer

Les associations comme l'APF France Handicap attendent de cette Conférence nationale des engagements clairs et des financements suffisants pour concrétiser les promesses. Elles réclament notamment un renforcement des contrôles sur l'accessibilité des lieux publics et privés, ainsi qu'une meilleure formation des professionnels (enseignants, employeurs, agents des transports) pour mieux accompagner les personnes handicapées. Elles insistent aussi sur la nécessité d'impliquer directement les personnes concernées dans l'élaboration des politiques publiques, afin que leurs besoins réels soient pris en compte. Enfin, elles espèrent que les mesures annoncées seront suivies d'effets rapides, sans nouveaux reports ou délais bureaucratiques, comme ceux observés pour le remboursement des fauteuils roulants.

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