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Philosophie

L’enjeu de la présidentielle

AOC Media · mis à jour 27 sept.

Le référendum sur une réforme constitutionnelle dont Marine Le Pen a fait la promesse cet été pose la question de l’État de droit et de ce fait devrait occuper une place centrale dans les débats. La visée de l’extrême droite est claire : renforcer la toute-puissance du Président, cantonner le Parlement dans un rôle subalterne.

Campagne présidentielle 2027

En septembre 2026, les équipes des candidats potentiels à l'élection présidentielle française de 2027 analysent les sondages pour anticiper les thèmes qui domineront la fin de campagne. Aucun thème n'est encore identifié comme décisif, mais les sondeurs et les stratèges politiques préparent des argumentaires sur des sujets jugés prioritaires par les citoyens. La compétition entre les candidats pour représenter un bloc électoral viable au premier tour reste ouverte et imprévisible. Les médias, quant à eux, ont déjà commencé à relayer des débats publics sur des enjeux comme la dette publique, la viabilité du système social, la guerre et le réarmement, la souveraineté nationale, la maîtrise de l'immigration, ou encore l'urgence climatique.

État de droit en danger

L'article souligne un risque majeur : l'effacement progressif du débat sur la préservation de l'État de droit lors de la campagne présidentielle. L'État de droit désigne un système où les pouvoirs publics, y compris le chef de l'État, sont soumis aux lois et contrôlés par des institutions indépendantes comme les tribunaux. Pourtant, ce principe fondamental pourrait être relégué au second plan, alors que d'autres sujets, comme la dette ou l'immigration, monopolisent l'attention. Les observateurs craignent que ce thème ne soit volontairement ou involontairement négligé, alors qu'il conditionne le fonctionnement démocratique du pays.

Réforme constitutionnelle

Marine Le Pen, figure de l'extrême droite française, a annoncé son intention d'organiser un référendum sur une réforme constitutionnelle dès son élection en 2027. Ce référendum porterait sur une proposition de loi intitulée « Proposition de loi constitutionnelle Citoyenneté-Identité-Immigration », déposée à l'Assemblée nationale le 25 juillet 2024 par son parti, le Rassemblement national (RN). Cette proposition comprend 14 articles et 100 modifications de la Constitution. L'objectif affiché est de renforcer les pouvoirs du Président de la République au détriment du Parlement, qui serait réduit à un rôle secondaire. Une telle réforme remettrait en cause l'équilibre des institutions et la séparation des pouvoirs.

Surenchère politique

Dès la rentrée de septembre 2026, les partis de droite, concurrents de Marine Le Pen, ont réagi en proposant leurs propres projets de réforme constitutionnelle. Cette surenchère s'explique par la volonté de chacun de marquer sa position sur un sujet perçu comme stratégique pour l'avenir politique du pays. Les initiatives des partis de droite visent également à renforcer l'autorité présidentielle, mais avec des nuances propres à chaque formation. Cette dynamique illustre une tendance plus large : l'adoption progressive d'un discours centré sur l'exécutif, au détriment des autres institutions comme le Parlement ou les contre-pouvoirs.

Ce que ça pourrait changer

Si une réforme constitutionnelle de ce type était adoptée, elle aurait des conséquences majeures sur le fonctionnement des institutions françaises. Le Président gagnerait en pouvoir, tandis que le rôle du Parlement serait réduit, limitant ainsi le contrôle démocratique sur l'action gouvernementale. Cette centralisation du pouvoir exécutif pourrait affaiblir les mécanismes de contre-pouvoir, comme l'indépendance de la justice ou la liberté de la presse. Les citoyens seraient moins protégés contre d'éventuels abus de pouvoir, ce qui remettrait en cause les fondements mêmes de la démocratie libérale en France.

Sujets complémentaires

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