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Les Romains avaient des égouts sophistiqués, mais leurs toilettes pouvaient cacher des rats, des flammes et des éponges partagées

Science & Vie · mis à jour 2 sept.

Les toilettes romaines réunissaient des dizaines d’usagers sans porte ni cloison. Des rats pouvaient mordre leurs fesses, tandis que des poches de méthane prenaient parfois feu sous les sièges..

Égouts romains avancés

Les Romains ont développé des systèmes d’égouts sophistiqués dès l’Antiquité, comme le Cloaca Maxima, un réseau d’assainissement construit vers 600 av. J.-C. à Rome. Ce système permettait d’évacuer les eaux usées et les déchets des toilettes publiques et privées vers le Tibre, réduisant ainsi les risques de maladies liées à l’accumulation de déchets. Les égouts romains étaient en pierre ou en brique, avec des voûtes pour résister à la pression. Leur efficacité était telle que certains tronçons sont encore visibles aujourd’hui. Cependant, ces infrastructures ne couvraient pas toutes les habitations, et leur entretien était irrégulier, ce qui limitait leur impact sanitaire global.

Toilettes publiques dangereuses

Les toilettes publiques romaines, appelées latrines, étaient souvent collectives et dépourvues de cloisons. Elles consistaient en des bancs de marbre ou de bois percés de trous, sous lesquels coulaient des canaux d’eau pour évacuer les déchets. Ces installations, bien que pratiques, présentaient des risques sanitaires majeurs. Les rats y pullulaient, attirés par les résidus de nourriture et les déchets humains. De plus, l’éclairage à la bougie ou à la lampe à huile pouvait provoquer des incendies, comme en témoignent des traces de brûlures retrouvées sur certains sites archéologiques. Enfin, l’hygiène était précaire : les Romains utilisaient une éponge (tersorium) fixée à un bâton, trempée dans de l’eau salée ou du vinaigre, pour se nettoyer, et cette éponge était souvent partagée entre plusieurs utilisateurs, favorisant la propagation de maladies.

Hygiène et risques sanitaires

Malgré leurs innovations, les Romains n’avaient pas une compréhension moderne des microbes et des maladies. Leur hygiène reposait davantage sur des pratiques empiriques que sur des connaissances scientifiques. Les latrines publiques, en particulier, étaient des lieux propices aux épidémies. Les rats, vecteurs de maladies comme la peste, y trouvaient un habitat idéal. Les incendies, causés par les flammes des bougies ou des lampes, aggravaient les risques. Enfin, l’usage d’une éponge partagée entre plusieurs personnes augmentait les risques de transmission de parasites intestinaux, comme les vers ou les amibes. Ces conditions expliquent pourquoi les épidémies, comme la peste antonine au IIᵉ siècle, ont pu se propager rapidement dans l’Empire romain.

Ce que ça pourrait changer

Les toilettes romaines, bien que remarquables pour leur époque, étaient très éloignées des normes d’hygiène actuelles. Aujourd’hui, les toilettes modernes utilisent des chasses d’eau pour évacuer les déchets, des systèmes de ventilation pour limiter les odeurs, et des matériaux faciles à nettoyer pour éviter la prolifération de bactéries. Les Romains, eux, dépendaient de l’eau courante et de l’entretien manuel, ce qui rendait leur système vulnérable aux défaillances. De plus, l’absence de papier toilette (introduit bien plus tard, au XIXᵉ siècle) et l’usage d’une éponge partagée illustrent à quel point leurs pratiques étaient rudimentaires comparées aux nôtres. Ces différences soulignent l’évolution des connaissances en santé publique et en ingénierie sanitaire.

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