Si Nétanyahou gagne les élections, il n’y aura “aucun avenir pour nous” en Israël
Retourné vivre avec sa famille dans le kibboutz de Nahal Oz, près de Gaza, trois ans après le 7 Octobre, le journaliste israélien Amir Tibon s’est confié au magazine américain “The Atlantic”. Il dit songer sérieusement à quitter Israël si le camp du Premier ministre Benyamin Nétanyahou remporte les élections législatives du 27 octobre..
Israël se prépare à organiser des élections législatives le 27 octobre 2026. Ces élections sont perçues comme un moment décisif pour l’avenir du pays, notamment en raison des tensions persistantes avec le Hamas et de la gestion de la crise post-attaque du 7 octobre 2023. Le Premier ministre sortant, Benyamin Nétanyahou, est un acteur central de cette campagne. Son camp politique est opposé à celui des partis plus modérés ou favorables à une solution négociée avec les Palestiniens. Le résultat de ce scrutin pourrait redéfinir la direction politique, sociale et sécuritaire d’Israël pour les années à venir.
Amir Tibon, journaliste israélien ayant travaillé pour le quotidien de gauche Ha’Aretz et auteur du livre Les Portes de Gaza (2024), a vécu un parcours personnel marqué par les attaques du Hamas du 7 octobre 2023. Ce jour-là, son kibboutz de Nahal Oz, situé près de la bande de Gaza, a été l’un des premiers touchés. Après avoir quitté la région par sécurité, il y est retourné trois ans plus tard, en août 2026, avec sa famille. Ce retour symbolique illustre à la fois l’attachement des Israéliens à leur terre et les dilemmes auxquels ils sont confrontés dans un contexte de violence persistante.
Le retour de la famille Tibon à Nahal Oz a représenté un dilemme insoluble. D’un côté, ce kibboutz, symbole de la vie communautaire israélienne, était leur foyer. De l’autre, vivre si près de Gaza, cible régulière d’attaques, posait des questions de sécurité et de stabilité. Leur décision de revenir, puis d’envisager un départ, reflète l’état d’esprit de nombreux Israéliens : un mélange d’espoir, de résilience et d’incertitude face à l’avenir. Nahal Oz est l’un des premiers kibboutzim attaqués en 2023, ce qui en fait un lieu emblématique des traumatismes récents.
Amir Tibon a déclaré dans un article publié par le magazine américain The Atlantic qu’il envisageait sérieusement de quitter Israël si Nétanyahou et son camp politique remportaient les élections de 2026. Pour lui, une victoire de Nétanyahou signifierait l’absence d’un avenir viable pour sa famille dans le pays. Cette position illustre une fracture croissante au sein de la société israélienne : entre ceux qui soutiennent une ligne dure face aux Palestiniens et ceux qui craignent pour la cohésion sociale, la démocratie ou la sécurité à long terme. Le kibboutz de Nahal Oz, symbole de la coexistence, incarne cette tension.
Les attaques du 7 octobre 2023, perpétrées par le Hamas depuis la bande de Gaza, ont marqué un tournant dans le conflit israélo-palestinien. Israël a riposté par une campagne militaire intense, entraînant des milliers de victimes palestiniennes et une crise humanitaire à Gaza. Nahal Oz, situé à seulement quelques kilomètres de la frontière, a été directement touché, illustrant la vulnérabilité des communautés frontalières. Trois ans après ces événements, la région reste sous haute tension, avec des conséquences humaines, économiques et politiques durables pour les Israéliens comme pour les Palestiniens.
Les élections de 2026 sont perçues comme un référendum sur la gestion de la crise par Nétanyahou. Son gouvernement est critiqué pour sa politique de fermeté envers le Hamas, son approche des négociations avec les Palestiniens et son impact sur la société israélienne. Certains électeurs, comme Amir Tibon, redoutent que cette ligne politique ne mène à une impasse, voire à une radicalisation accrue. À l’inverse, ses partisans y voient une nécessité pour assurer la sécurité d’Israël. Le résultat du scrutin pourrait donc déterminer si le pays s’oriente vers une politique plus conciliante ou plus intransigeante.

