En Bosnie-Herzégovine, les liens troubles entre l’entourage de Trump et les séparatistes serbes
Des conseillers de Donald Trump rémunérés par le camp de la figure sécessionniste Milorad Dodik, des millions de dollars dépensés en lobbying et un grand projet gazier convoité par une entreprise américaine. Les révélations de la presse mettent en question les liens entre Washington et le dirigeant prorusse de la Republika Srpska..
En octobre 2026, la presse internationale révèle un scandale politique impliquant l’entourage de Donald Trump et des séparatistes serbes en Bosnie-Herzégovine. Deux conseillers de Trump, Chris LaCivita et James Blair, ont été rémunérés pour conseiller Milorad Dodik, leader de la Republika Srpska (l’entité serbe de Bosnie-Herzégovine), quelques semaines avant les élections générales bosniennes du 4 octobre 2026. Cette révélation, publiée par le New York Times, soulève des questions sur les liens financiers et politiques entre Washington et ce dirigeant prorusse, connu pour ses positions sécessionnistes. Les deux stratèges ont perçu plusieurs centaines de milliers de dollars pour leur mission, ce qui interroge sur les motivations de leur intervention dans un contexte électoral étranger.
Un autre volet de ce scandale concerne Katie Wiles, fille de Susie Wiles, cheffe de cabinet de Donald Trump. Elle travaille pour Continental Strategy, une société américaine de lobbying chargée de défendre les intérêts de la Republika Srpska à Washington. Selon le Financial Times, cette entreprise a dépensé des millions de dollars en lobbying pour promouvoir les intérêts de Milorad Dodik, un homme politique controversé proche du président russe Vladimir Poutine. La justice bosnienne a d’ailleurs privé Dodik de toute fonction politique en raison de ses velléités sécessionnistes, c’est-à-dire ses tentatives de faire sécession, ou quitter la Bosnie-Herzégovine, pour créer un État serbe indépendant.
En parallèle, un grand projet gazier en Bosnie-Herzégovine est au cœur des révélations. Une entreprise américaine est impliquée dans ce projet, qui suscite des tensions géopolitiques. Milorad Dodik, figure centrale de cette affaire, est décrit comme un allié de Vladimir Poutine, ce qui ajoute une dimension internationale au scandale. Les liens entre l’entourage de Trump et Dodik, ainsi que l’implication financière d’entreprises américaines, pourraient avoir des répercussions sur les relations diplomatiques entre les États-Unis, la Russie et l’Europe. Ces révélations surviennent dans un contexte où les élections générales bosniennes de 2026 ont été marquées par des promesses politiques controversées.
La Bosnie-Herzégovine est un pays divisé en deux entités principales depuis la guerre des années 1990 : la *Fédération de Bosnie-et-Herzégovine* et la *Republika Srpska*. Milorad Dodik, leader de cette dernière, est connu pour ses positions pro-russes et ses tentatives de renforcer l’autonomie de son entité, voire de la faire sécessionner. Ses liens avec l’entourage de Donald Trump, un président américain connu pour sa proximité avec la Russie, ajoutent une couche de complexité à ce dossier. Les révélations de 2026 surviennent alors que les tensions entre l’Occident et la Russie restent vives, notamment après l’invasion de l’Ukraine en 2022. Ce scandale met en lumière les enjeux de pouvoir et d’influence dans les Balkans, une région stratégique pour l’Europe.

