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Géopolitique

En Syrie, la flambée du prix des carburants confronte le pouvoir à un “test social majeur”

Courrier International · mis à jour il y a 5 j

Dimanche 13 et lundi 14 septembre, plusieurs régions syriennes ont été le théâtre de manifestations provoquées par l’augmentation brutale (jusqu’à 40 %) des tarifs de l’essence et du gaz. Une hausse temporaire, assure le ministère de l’Énergie, qui vient néanmoins aggraver les difficultés d’une population souffrant encore des ravages économiques de la guerre..

Hausse brutale des carburants

Le 12 septembre 2026, le ministère syrien de l’Énergie annonce une augmentation significative des prix des carburants et du gaz, pouvant atteindre 40 %. Concrètement, le prix du gazole passe de 125 à 175 livres syriennes (soit de 0,82 à 1,14 euro), tandis que celui du sans-plomb 95 évolue de 152 à 195 livres (de 0,99 à 1,27 euro). La bouteille de gaz domestique voit son prix passer de 1 470 à 1 600 livres syriennes (de 9,59 à 10,44 euros), soit une hausse d’environ 9 %. Ces hausses surviennent dans un contexte où le salaire minimum en Syrie dépasse à peine 100 dollars (environ 86 euros) par mois, et où 90 % de la population vit sous le seuil de pauvreté. Le pouvoir justifie cette décision par des raisons économiques, mais elle est perçue comme une nouvelle pression sur le pouvoir d’achat des Syriens.

Réaction sociale immédiate

Dès le 13 septembre 2026, des manifestations éclatent dans plusieurs régions de Syrie, notamment à Alep, où des centaines de personnes bloquent des axes routiers et incendient des pneus en signe de protestation. Les participants expriment leur colère face à cette hausse, jugée injuste et insupportable. Les slogans comme « Tout est cher, c’est un scandale ! » illustrent le mécontentement généralisé. Les protestations, bien que dispersées, révèlent une frustration profonde de la population, déjà éprouvée par les conséquences économiques de la guerre civile qui dure depuis plus de dix ans. Les autorités syriennes, confrontées à ce « test social majeur », doivent désormais gérer une crise de confiance qui pourrait s’aggraver si la situation économique continue de se dégrader.

Contexte économique fragile

La Syrie reste marquée par les conséquences de la guerre civile, qui a duré plus d’une décennie et a détruit une grande partie des infrastructures du pays. Aujourd’hui, 90 % de la population vit sous le seuil de pauvreté, et le salaire minimum ne dépasse pas 100 dollars (environ 86 euros) par mois. Cette situation économique précaire rend toute augmentation des prix des carburants particulièrement douloureuse pour les ménages, car elle entraîne mécaniquement une hausse des coûts de transport, de chauffage et de production des biens essentiels. Les experts soulignent que cette flambée des prix pourrait aggraver encore la précarité de la population, déjà très vulnérable, et alimenter un climat de tension sociale.

Réponse du pouvoir en place

Le gouvernement syrien présente cette hausse des prix des carburants comme une mesure temporaire, destinée à faire face à des difficultés économiques structurelles. Cependant, cette justification ne convainc pas la population, qui y voit une nouvelle preuve de l’incapacité des autorités à améliorer leur situation. Les manifestations, bien que limitées en nombre, constituent un signal d’alerte pour le régime de Bachar al-Assad, déjà fragilisé par des années de guerre et de sanctions internationales. Le pouvoir doit désormais trouver un équilibre entre les impératifs économiques et la nécessité de maintenir la stabilité sociale, sous peine de voir la crise s’aggraver et de perdre le contrôle de la situation.

Ce que ça pourrait changer

Cette crise survient dans un contexte régional déjà tendu, marqué par des conflits persistants et des tensions entre puissances étrangères. La Syrie, pays en reconstruction depuis la fin des combats majeurs, reste sous influence de plusieurs acteurs internationaux, dont l’Iran, la Russie et la Turquie. Une dégradation de la situation sociale pourrait affaiblir davantage le régime de Bachar al-Assad, déjà fragilisé par des années de guerre et de sanctions. Par ailleurs, une instabilité accrue en Syrie pourrait avoir des répercussions sur les pays voisins, notamment le Liban et la Jordanie, qui accueillent des millions de réfugiés syriens. La communauté internationale observe donc avec attention l’évolution de cette crise, qui pourrait devenir un nouveau foyer de tensions dans une région déjà instable.

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