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GÉOPOLITIQUE

En Syrie, la flambée du prix des carburants confronte le pouvoir à un “test social majeur”

Source unique·il y a 5 j

La hausse brutale des prix des carburants en Syrie, pouvant atteindre 40% pour certains produits, a déclenché des manifestations dans plusieurs régions du pays. Cette décision du ministère de l’Énergie, présentée comme temporaire, s’inscrit dans un contexte de précarité extrême où 90% de la population vit sous le seuil de pauvreté, mettant à l’épreuve la capacité du régime à gérer une crise sociale déjà explosive. L’augmentation des coûts de transport et de biens essentiels risque d’aggraver les tensions, révélant les limites d’une économie syrienne encore convalescente après plus d’une décennie de guerre.

Quelle est l’ampleur réelle de la hausse des prix des carburants en Syrie et quels produits sont concernés ?

Le prix du gazole a augmenté de 40%, passant de 125 à 175 livres syriennes (soit de 0,82 à 1,14 euro), tandis que celui du sans-plomb 95 a progressé de 28%, de 152 à 195 livres (0,99 à 1,27 euro). Le prix de la bouteille de gaz a également augmenté de près de 9%, passant de 1 470 à 1 600 livres syriennes (9,59 à 10,44 euros). Ces hausses, annoncées dans la nuit du 12 au 13 septembre 2026, ont été présentées comme temporaires par les autorités, mais elles surviennent dans un contexte de mécontentement social déjà profond.

Qui sont les acteurs clés de cette crise et quelles sont leurs réactions ?

Le ministère de l’Énergie syrien est l’institution à l’origine de la hausse des prix, justifiant cette mesure par des impératifs économiques non détaillés. Les manifestants, décrits comme des citoyens ordinaires, ont bloqué des axes routiers et incendié des pneus dans plusieurs régions, dont Alep. Aucune réaction officielle du régime n’est rapportée dans l’article, mais les autorités ont minimisé l’impact de la hausse en la qualifiant de temporaire. Les sources locales, comme le site Ultra Syria ou le média Al-Jumhuriya, soulignent l’ampleur du mécontentement et son caractère généralisé.

Pourquoi cette hausse des prix des carburants est-elle perçue comme un « test social majeur » par les observateurs ?

Avec un salaire minimum ne dépassant pas 100 dollars (environ 86 euros) et 90% de la population vivant sous le seuil de pauvreté, cette augmentation des coûts des carburants et du gaz aggrave une situation économique déjà intenable. Les manifestants dénoncent une hausse du coût de la vie qui touche tous les biens et services, révélant l’incapacité du pouvoir à atténuer les effets d’une crise sociale latente depuis des années. Le terme « test social majeur » reflète ainsi la pression insoutenable exercée sur une population épuisée par plus de dix ans de guerre et de sanctions.

Ce que ça pourrait changer

Cette crise pourrait aggraver les tensions sociales et fragiliser davantage la légitimité du régime syrien, déjà affaibli par des années de conflit et une économie exsangue. Si les autorités ne parviennent pas à calmer le mécontentement, des mouvements de protestation plus larges pourraient émerger, risquant de déstabiliser un équilibre politique déjà précaire. À plus long terme, cette situation pourrait aussi affaiblir la reprise économique du pays, déjà ralentie par l’inflation, les sanctions internationales et la dépendance aux importations de carburants.

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